Ce n’est pas peu dire qu’une tension extrême règne depuis longtemps dans nos prisons. Les suicides augmentent depuis 2006 : déjà 90 en 2009 soit un tiers de plus qu’en 2008 (115 au total) à la même date. Face à cette situation grave, le Gouvernement feint de réagir.
Il feint, car en l’occurrence, réaction ne veut pas dire action.
Tout le monde sait désormais l’urgence d’humaniser nos prisons, d’y soigner les détenus atteints de troubles psychologiques (voire de préférer leur hospitalisation psychiatrique), d’y développer la réinsertion…
Loin de ce projet d’envergure, les annonces de la Garde des Sceaux sont de l’ordre des « petits aménagements ».
Combien de suicides seront évités grâce aux « Kits de protection » que la Ministre souhaite voir distribuer, aux matelas anti-feux, aux housses inamovibles ?
Malheureusement, munis de ce matériel, les détenus malades, fragiles, poussés à bout, ne feront que repousser leur passage à l’acte. On veut nous laisser croire que c’est mieux que rien ; c’est sans doute vrai, et Michèle ALLIOT-MARIE fait probablement le plus possible avec les moyens qui lui sont octroyés, c’est-à-dire rien.
Mais l’essentiel est mis de côté : un détenu qui ne peut pas se soigner, et qui n’a aucun espoir de se réinsérer à la sortie de sa détention, vivant de surcroît dans des conditions scandaleuses de promiscuité, et c’est peu dire, est littéralement poussé au suicide.
La situation est trop grave pour en rire, mais on tombe tout de même dans le tragi-comique quand on entend la Garde des Sceaux dire vouloir confier à des détenus volontaires une mission d’accompagnement de ceux en situation de détresse psychologique !
La défausse est toujours de mise ; la situation n’est plus acceptable.
Alors, nous attendons la réforme pénitentiaire tant annoncée, sans cesse retardée et pas encore engagée.
Les efforts doivent être multipliés et des moyens dégagés à la hauteur de cet enjeu de santé publique, de sécurité des détenus, de prévention de la récidive et donc de protection de la société.
L’État doit prendre ses responsabilités. L’État doit pourvoir les postes de psychiatres dans les prisons, et cesser de considérer celles-ci comme les nouveaux asiles de fous. Les soignants doivent être plus nombreux et davantage présents hors des prisons, et dans les prisons, tout au long de la détention, en particulier dans les premiers mois et aux périodes propices au choc carcéral.
Il faut humaniser les prisons. En construire : c’est une urgence absolue. En rénover : l’extrême insalubrité de la plupart de nos établissements fait honte à notre République. Il faut aussi penser la vie pénitentiaire, notamment les liens sociaux des détenus, leurs liens familiaux, leur rapport au travail. Il faut enfin s’interroger aussi sur cette politique pénale brutale qui accroît le nombre de détenus pour atteindre un seuil de surpopulation sans précédent.
La prison n’est pas en dehors de la République. Elle n’est pas un lieu extra territorial. N’oublions pas qu’elles sont dans nos villes. N’oublions pas que les détenus restent des être humains, et qu’ils ont de surcroît vocation à sortir pour redevenir des concitoyens libres.
Protéger, humaniser, soigner et réinsérer sont les maîtres mots de toute réforme pénitentiaire. Mme ALLIOT-MARIE est face à une lourde tâche. Elle doit renoncer aux gadgets et avoir le courage soit de l’accomplir, soit de dénoncer ceux qui l’en empêchent.
Il feint, car en l’occurrence, réaction ne veut pas dire action.
Tout le monde sait désormais l’urgence d’humaniser nos prisons, d’y soigner les détenus atteints de troubles psychologiques (voire de préférer leur hospitalisation psychiatrique), d’y développer la réinsertion…
Loin de ce projet d’envergure, les annonces de la Garde des Sceaux sont de l’ordre des « petits aménagements ».
Combien de suicides seront évités grâce aux « Kits de protection » que la Ministre souhaite voir distribuer, aux matelas anti-feux, aux housses inamovibles ?
Malheureusement, munis de ce matériel, les détenus malades, fragiles, poussés à bout, ne feront que repousser leur passage à l’acte. On veut nous laisser croire que c’est mieux que rien ; c’est sans doute vrai, et Michèle ALLIOT-MARIE fait probablement le plus possible avec les moyens qui lui sont octroyés, c’est-à-dire rien.
Mais l’essentiel est mis de côté : un détenu qui ne peut pas se soigner, et qui n’a aucun espoir de se réinsérer à la sortie de sa détention, vivant de surcroît dans des conditions scandaleuses de promiscuité, et c’est peu dire, est littéralement poussé au suicide.
La situation est trop grave pour en rire, mais on tombe tout de même dans le tragi-comique quand on entend la Garde des Sceaux dire vouloir confier à des détenus volontaires une mission d’accompagnement de ceux en situation de détresse psychologique !
La défausse est toujours de mise ; la situation n’est plus acceptable.
Alors, nous attendons la réforme pénitentiaire tant annoncée, sans cesse retardée et pas encore engagée.
Les efforts doivent être multipliés et des moyens dégagés à la hauteur de cet enjeu de santé publique, de sécurité des détenus, de prévention de la récidive et donc de protection de la société.
L’État doit prendre ses responsabilités. L’État doit pourvoir les postes de psychiatres dans les prisons, et cesser de considérer celles-ci comme les nouveaux asiles de fous. Les soignants doivent être plus nombreux et davantage présents hors des prisons, et dans les prisons, tout au long de la détention, en particulier dans les premiers mois et aux périodes propices au choc carcéral.
Il faut humaniser les prisons. En construire : c’est une urgence absolue. En rénover : l’extrême insalubrité de la plupart de nos établissements fait honte à notre République. Il faut aussi penser la vie pénitentiaire, notamment les liens sociaux des détenus, leurs liens familiaux, leur rapport au travail. Il faut enfin s’interroger aussi sur cette politique pénale brutale qui accroît le nombre de détenus pour atteindre un seuil de surpopulation sans précédent.
La prison n’est pas en dehors de la République. Elle n’est pas un lieu extra territorial. N’oublions pas qu’elles sont dans nos villes. N’oublions pas que les détenus restent des être humains, et qu’ils ont de surcroît vocation à sortir pour redevenir des concitoyens libres.
Protéger, humaniser, soigner et réinsérer sont les maîtres mots de toute réforme pénitentiaire. Mme ALLIOT-MARIE est face à une lourde tâche. Elle doit renoncer aux gadgets et avoir le courage soit de l’accomplir, soit de dénoncer ceux qui l’en empêchent.
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Pourquoi Sarkozy a échoué sur la sécurité : ma tribune sur Marianne2.fr