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Georges SARRE
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Soutien aux personnels pénitentiairesCommuniqué de Georges SARRE, SN MRC
Les personnels pénitentiaires ont décidé d’amplifier leur action de mécontentement partout en France en bloquant les accès de 120 des 195 établissements pénitentiaires. Paris est concernée par ce mouvement, qui touche l’établissement de la Santé.
A Paris, ce matin, les forces de sécurité pénitentiaire se sont affrontées avec les forces de sécurité d’ordre public, des CRS, venues les disperser... Cette situation ubuesque mérite que le gouvernement prête enfin attention à l’enjeu de la politique pénitentiaire. Je soutiens le mouvement des surveillants. Leurs conditions de travail se dégradent gravement en raison d’une surpopulation carcérale qui, si elle n’est pas nouvelle, atteint des niveaux sans précédents : 68 000 personnes pour 50 000 places disponibles. C’est une gageure pour les personnels, mais aussi un obstacle immense à l’accomplissement de la mission des services pénitentiaires : en effet, l’incarcération n’a pas seulement vocation à éloigner les condamnés de la société, c’est aussi une sanction qui a vocation à préparer les condamnés à revenir dans la société ! C’est d’autant plus vrai que la durée moyenne d’incarcération en France (prévenus et condamnés confondus) est de 4 à 5 mois… Les suicides de détenus se multiplient et les violences, de plus en plus nombreuses, s’aggravent. Les programmes de soins, d’instruction, d’insertion sont largement insuffisants. Les détenus atteints de troubles mentaux graves, qui donneraient lieu à hospitalisation s’il ne s’agissait pas de détenus, sont de plus en plus nombreux : 20% de la population carcérale en France ! Or, le gouvernement refuse le dialogue avec les personnels pénitentiaires qui tirent le signal d’alarme depuis des années, et se désintéresse de l’état de nos prisons, vétustes et totalement déshumanisées. Je dénonce cet aveuglement qui risque de provoquer des tensions extrêmes entre les personnels et les détenus, et qui est aux antipodes de l’objectif présidentiel affiché de réduire l’insécurité, et notamment la récidive. Au contraire, incarcérer dans ces conditions, c’est créer de la récidive. Face à cette situation grave, le gouvernement repousse aux calendes grecques l’examen du projet de loi pénitentiaire. Il devrait au contraire rechercher un consensus parlementaire sur ce sujet, et user de la procédure d’urgence. Les prisons ne doivent plus être les laissées pour compte de nos politiques de sécurité. Pour cela, les effectifs des personnels pénitentiaires doivent être mis à niveau, tant le nombre des surveillants que celui des conseillers d’insertion. Des établissements doivent être construits et surtout rénovés de façon beaucoup plus volontariste. Les mesures d’alternative à l’incarcération doivent être développées. Et la prison doit cesser de devenir l’alternative à l’hospitalisation psychiatrique, qui a fait les frais de mesures d’économie irresponsables, ayant engendré plus de 20.000 fermetures de lits depuis vingt ans ! En ce qui concerne Paris, j’ai déjà saisi l’occasion d’un échange public avec Mme DATI, lors d’un débat au Conseil de Paris, pour lui demander que la Maison d’arrêt de la Santé soit maintenue sur son site, qu’elle soit réhabilitée dans des délais rapides et avec des capacités d’accueil suffisantes. En effet, Paris ne peut se satisfaire de l’annonce d’un nouvel établissement prévu en… 2016 ! Enfin, il faut élargir la réflexion sur les prisons à l’ensemble des lieux de privation et de liberté, à l’instar du rapport élaboré par M. DELARUE, Contrôleur général. Le Conseil de Paris a adopté récemment un vœu adressé au préfet de police pour améliorer les conditions de garde à vue dans les commissariats de la capitale. Un effort volontariste est aussi nécessaire et urgent pour améliorer le dépôt du Tribunal de Grande Instance. Georges SARRE est ancien Ministre, membre honoraire du Parlement, adjoint au Maire de Paris chargé de la Sécurité et de la Prévention, Secrétaire National du Mouvement Républicain & Citoyen Mardi 5 Mai 2009
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