|
|
||
Georges SARRE
Recevez ma lettre électronique
|
Réunion du Conseil Parisien de Sécurité, de Prévention de la Délinquance, d'Aide aux Victimes, de lutte contre la Drogue, les Dérives Sectaires et les Violences faites aux FemmesIntervention de Georges SARRE, représentant le Maire de Paris, Bertrand DELANOE - 27 novembre 2008
Monsieur le Procureur de la République, Monsieur le Préfet de Police, Monsieur le Préfet, Monsieur le Recteur, chers collègues, Mesdames et Messieurs, en vos titres et qualités, Enfin, notre Conseil se réunit ! Dès mon élection en mars dernier, en accord avec Bertrand DELANOE, je l’ai demandé au Préfet de Police et au Procureur de la République. Je les remercie d’avoir accepté, témoignant ainsi de leur esprit partenarial. Pourquoi avoir tant souhaité cette réunion ? Parce que la Sécurité, c’est l’affaire de tous. Chacun a ses compétences et ses prérogatives, mais c’est dans la convergence des objectifs et la coopération des moyens que nous pourrons répondre à l’exigence de sécurité légitime de nos concitoyens. Elle ne doit pas être l’enjeu de querelles politiciennes ni de rivalités institutionnelles. Alors je salue tous les partenaires ici présents, notamment les acteurs judiciaires et les associations, et je voudrais souligner l’importance de l’Education Nationale. Comme dirait Monsieur de Lapalisse s’il vivait encore, tout commence au plus jeune âge. La question des mineurs délinquants est sous le feu de l’actualité. Mais je pense aussi et surtout à tous ces jeunes qui sont susceptibles de basculer vers la délinquance, et qui n’y basculeront pas si nous réussissons -et en premier lieu l’Ecole (même si c’est avant tout le rôle des parents)- à leur inculquer les principes républicains de respect de soi, des autres, de la règle… Et parce que nous aurons réussi, sans tabou, à voir assez tôt les difficultés, les décrochages, et les actes de violences dont les mineurs sont victimes ou auteurs. Je me tourne donc vers l’Education Nationale : si la réunion de ce Conseil avait une utilité première, ce serait bien de vous redire combien nous avons besoin, cher partenaire, d’une action commune plus forte, plus constante, avec vous et tous vos établissements. En tant que fils de l’Ecole républicaine, je suis particulièrement convaincu de votre rôle éminent et c’est pour cela que je me permets cette demande. Je me réjouis que Monsieur le Recteur s’y montre réceptif : nous avons déjà échangé nos vues sur le sujet, et Mme LEVY-DELPLA, Inspectrice d’Académie, était hier encore en réunion de travail avec mon cabinet. Si notre rendez-vous d’aujourd’hui est important, il faut surtout que notre partenariat vive au quotidien. Et c’est dans cet esprit pragmatique que nous allons ensemble, je l’espère, concevoir le Contrat Parisien de Sécurité 2009-2012.
Il doit être non pas la description prétendument exhaustive de la délinquance parisienne ni la narration fastidieuse de nos prérogatives et de nos modes de fonctionnements, et encore moins un plaidoyer pro domo de chaque institution. Mais bien tourné vers l’action partenariale, avec des priorités claires, partagées. Pour cela, son élaboration même doit être collégiale. Le Contrat Parisien de Sécurité sera signé en janvier, puis décliné dans les arrondissements – et j’espère dans les 20 arrondissements, au printemps 2009. Dans cette perspective, j’ai souhaité qu’une réunion de notre Conseil, aujourd’hui, nous permette de tirer le bilan de la période 2001-2008, avant que, au cours de la prochaine réunion, dans quelques semaines, nous voyions plus précisément les priorités d’action du Contrat Parisien de Sécurité 2009-2012.
– Des statistiques imparfaites, des violences aux personnes préoccupantes, des phénomènes nouveaux Les statistiques que le Préfet de Police vient de donner vont dans le bon sens. Certes, l’ « état 4001 » - une vieille connaissance ! – n’est pas suffisant, puisqu’il ne retranscrit fatalement que la partie visible de l’iceberg : les faits qui ont fait l’objet de dépôts de plaintes ou de découvertes policières. Mais réjouissons-nous des progrès en matière de cambriolages, de vols de voitures, ou d’atteintes aux biens... Je suis en revanche préoccupé par les phénomènes de violences contre les personnes : les violences non crapuleuses, qui selon la statistique policière, ont augmenté de +5,4% encore entre 2006 et 2007 ; les agressions sexuelles, qui ont augmenté très fortement entre 2006 et 2007, de l’ordre de +16% ; les menaces de violence, qui progressent insidieusement (encore +1,9% entre 2006 et 2007). Par ailleurs, la délinquance change au plan qualitatif. Les phénomènes de groupes, d’ailleurs protéiformes, prennent des proportions qui n’avaient pas été atteintes jusqu’à présent. Ces derniers mois, nous avons vu des bandes agir à des fins crapuleuses au Champ de Mars ; des rivalités de territoires et de marchés souterrains se sont traduites par des affrontements entre groupes dans le XIXe, avec ou sans facteur communautaire de surcroît ; nous voyons des groupes, y compris de jeunes filles, s’affronter, dans le XIIe, dans le XIVe, dans le XVIIe, dans le XVIIIe… C’est un phénomène qu’il faut étudier, comprendre, analyser, traiter. Et je salue d’ailleurs l’initiative du Procureur de la République, que chacun a pu lire dans 20 Minutes ce matin. Pour aller dans le sens d’une connaissance plus fine du sentiment et des faits d’insécurité à Paris, la Ville de Paris financera une enquête de victimation dans le XIXe arrondissement. - Le rôle de la Ville de Paris La Ville de Paris veut jouer son rôle. Rien que son rôle ; mais tout son rôle. Nous n’entendons pas nous substituer à la Police ou à la Justice, qui d’ailleurs ne nous le demandent pas. Mais nous agissons pour la tranquillité dans l’espace public, avec les Inspecteurs de Sécurité, les « Correspondants de Nuit »… Nous contribuons à la tranquillité dans les immeubles sociaux en subventionnant le Groupement Parisien Inter Bailleurs de Surveillance. Nous complétons, nous facilitons, aussi, les missions des institutions nationales. En matière d’aide aux victimes, de prévention la récidive, notamment… Nous venons en soutien des associations et organismes de terrain, tels que beaucoup d’associations ici représentées, notamment les clubs de Prévention Spécialisée. Nous entendons aussi jouer notre rôle d’animateur des contrats de sécurité, à travers l’action des coordinateurs de la DPP, dont je salue la présence dans la salle, mais aussi en suscitant toujours davantage l’implication des élus. Je pense aux élus d’arrondissement, mais aussi aux Conseillers de Paris et aux adjoints au Maire de Paris, Jean-Marie LE GUEN, qui, au titre de sa délégation Santé, aura à agir avec nous plus spécialement sur les enjeux de toxicomanie et d’alcoolisation ; Myriam EL KHOMRI, sur le volet prévention spécialisée ; Fatima LALEM, sur l’enjeu des violences faites aux femmes, Véronique DUBARRY, vigilante et réactive ; je n’oublie pas la Présidente de la Ve Commission, Sylvie VIEWORKA. C’est tous ensemble que nous devons, d’abord, aujourd’hui, faire le bilan de notre action partenariale, avant d’envisager l’avenir. Mais puisque M. le Préfet de Police a proposé des priorités pour la période 2009-2012, je souhaite vous dire deux mots de celles que la Ville voudrait vous faire partager.
Nous voulons faire de la promotion de la citoyenneté et de l’apprentissage de la règle la base commune de nos diverses actions préventives. Nous voulons amplifier notre action en direction des mineurs, notamment en milieu scolaire, et la ville de Paris veut, pour commencer, être mieux informée des violences en milieu scolaire et des décrochages scolaires. Nous voulons amplifier notre action en matière de lutte contre les violences faites aux femmes ; j’ai décidé notamment d’aider dès 2008 et très fortement l’APCARS dans son action d’accueil des conjoints violents, notamment pour que les mesures de décohabitation, que la Justice prend souvent à Paris - et j’y vois le signe d’une politique pénale salutaire – soient davantage suivies d’effets. Nous voulons améliorer l’accueil et l’aide aux victimes. Notamment, nous développerons le SAVIP, les réseaux d’aides aux victimes, et financerons des intervenants de proximité dans les commissariats. Nous voulons renforcer la tranquillité et la médiation dans l’espace public et les grands ensembles immobiliers. La vidéoprotection y contribuera, mais, j’insiste, elle n’est pas l’alpha et l’oméga d’une politique de sécurité. Il faut la replacer dans le cadre global de la prévention situationnelle, et la ville de Paris développe une compétence notable en matière d’ingénierie sécuritaire. J’insiste aussi sur l’importance de la présence humaine. C’est pourquoi nous développerons les correspondants de nuit, et je suis fier de vous annoncer que, dès 2009, nous créerons deux nouvelles équipes à Paris ; nous renforcerons le GPIS, développerons les médiateurs de jours… Nous avons bien d’autres projets encore, en matière de lutte contre l’alcoolisation et la toxicomanie, ou encore en matière de sécurité routière, mais je ne veux pas en faire ici l’inventaire à la Prévert.
Vous le voyez : le Maire de Paris, Bertrand DELANOE, et par délégation moi-même, entendons jouer pleinement le rôle « d’animateurs de la politique de prévention de la délinquance » que la loi nous assigne. Sans empiéter sur les prérogatives de quiconque, mais sans nous dérober aux nôtres, y compris à ce rôle de coordination et d’aiguillon./ Jeudi 27 Novembre 2008
Dans la même rubrique :
|
Pourquoi ce blog ?
La France est en péril... Son industrie, ses emplois, ses services publics, sa langue, l'égalité des chances et des conditions, et finalement toute idée d'intérêt général et tout lien social : voilà qui est mis à mal par l'oligarchie qui nous gouverne, à Paris, à Bruxelles, à Washington... et à Pékin.
Tags
|
Je me présente






























Brice Hortefeux se défausse