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Georges SARRE
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Logement : la nouvelle loi Borloo ne s’attaque pas aux racines de la crise1er décembre 2005 - Le nouvel « engagement national pour le logement » n’est toujours pas à la hauteur du déficit de logements et de l’explosion des prix de l’immobilier (...)A lire dans l’Express
La loi de cohésion sociale devait résoudre la crise du logement. Deux incendies meurtriers plus tard, cet été, à Paris, et le gouvernement revoit sa copie. Las ! le nouvel « engagement national pour le logement » n’est toujours pas à la hauteur du déficit de logements et de l’explosion des prix de l’immobilier.
S’il veut faciliter la vie de tous les Français confrontés à des problèmes de logement, le gouvernement doit s’attaquer enfin aux origines structurelles de la crise. J’en vois deux. D’abord un défaut d’anticipation, problématique alors que le BTP connaît une saturation de ses capacités de production de logements. Inexcusable même, alors que les projets immobiliers ne sont plus ce qu’ils étaient souvent dans les années 1970 : des grands ensembles construits en marge des villes. Désormais et c’est heureux, ces projets s’inscrivent dans la continuité du tissu urbain et donc dans un temps relativement long. L’Etat doit donc recouvrer une capacité de projection. Affaibli par une décentralisation mal conduite, il doit reprendre en main le Commissariat au Plan et non le supprimer : lui donner pour mission de centraliser les données immobilières, de planifier les besoins de logement à long terme et de s’assurer que les acteurs de l’immobilier y répondent. La deuxième raison profonde de la crise réside dans le fonctionnement de la finance mondialisée. L’explosion des prix de l’immobilier ne reflète pas la seule insuffisance de l’offre par rapport aux besoins réels de logements. Elle reflète aussi la spéculation financière que permet la profusion de capitaux disponibles : il y aurait sur le marché immobilier français quatre fois plus de capitaux à investir que de biens à vendre ! Cet excès de capitaux s’explique par la faiblesse des taux d’intérêt, qui facilite les emprunts, et par le comportement des investisseurs, qui ont massivement reporté leurs capitaux sur le marché immobilier après l’effondrement des actions de la nouvelle économie en 2001. Bien sûr, une partie de ces capitaux se dirige utilement vers la production de logements, mais tout une autre partie alimente la spéculation. Pour dissuader cette masse de capitaux de jouer avec le toit des Français, il faut : un, encadrer provisoirement les loyers, comme la loi l’autorise ; deux, taxer fortement les logements vacants et les plus-values immobilières qui ne sont pas réinvesties dans l’immobilier. La France a besoin de producteurs et non de rentiers. C’est le rôle de l’Etat de privilégier les premiers et de décourager les seconds. Vendredi 20 Juin 2008
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