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Georges SARRE
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Les principes qui guident mon action au service de la sécurité des ParisiensAllocution prononcée par Georges SARRE, nouvellement élu adjoint au Maire de Paris chargé de la Sécurité et de la Prévention, lors de la première réunion qu'il a organisée, le 6 mai 2008, avec les adjoints aux Maires chargés de la Sécurité et de la Prévention dans les arrondissements.
« Mesdames, Messieurs,
Merci à toutes et tous d’être venus à ce premier rendez-vous du nouveau mandat, entre les élus d’arrondissement en charge de la sécurité et de la prévention, et leurs interlocuteurs de la Ville de Paris, c’est-à-dire la Direction de la Protection et de la Prévention, dont vous entendrez le Directeur, Monsieur Thierry LE LAY dans quelques minutes, le conseiller du Maire de Paris, ici présent M. Philippe LAMY, mon cabinet, et moi-même. Je salue tout particulièrement, parmi vous, la présence de ma collègue adjointe au Maire de Paris Myriam EL KHOMRI, qui représente aujourd’hui le XVIIIe arrondissement, mais qui est aussi votre interlocutrice parisienne sur les volets particuliers de la Prévention Spécialisée. Sécurité et Liberté : deux des principaux droits de l'Homme et du Citoyen
Depuis 1997 et le colloque de Villepinte, une idée forte a progressé dans les consciences : « la sécurité – dans ses volets éducatif, préventif, dissuasif, répressif- est l’affaire de tous », car c’est une condition de la liberté. Sûreté et liberté sont d’ailleurs deux valeurs à ce point entremêlées que la déclaration des droits de l’homme et du citoyen les aborde en même temps, dans son article 2.
Ne pas opposer Sécurité et Prévention
De même que sûreté et liberté doivent être envisagée de concert, je n’opposerai pas les deux termes de ma délégation : sécurité et prévention. En effet, une bonne politique passe par un équilibre entre d’une part la protection des victimes et de la société, et donc si nécessaire la répression des délinquants, bien sûr, et, d’autre part, la prévention. La prévention mise sur le long terme, agit en profondeur sur les causes de la relégation sociale et de la délinquance. Elle est une dimension essentielle de notre politique en faveur de la tranquillité, de la sûreté, et plus globalement du vivre ensemble.
L'insécurité est une réalité...
Les récentes statistiques de la délinquance à Paris tendent à montrer une certaine amélioration de la situation, et pourraient nous laisser penser que nous pouvons nous impliquer mollement dans la tâche qui nous a été confiée. Ce serait une grave erreur : d’abord, parce que sur le temps long, la tendance est plutôt à l’accroissement des crimes et délits, entre le début des années 1960 et aujourd’hui. C’est particulièrement vrai au plan national, mais c’est vrai, aussi, à Paris. En deçà de ces actes, le développement des incivilités est particulièrement préoccupant lui aussi. En tant qu’élus locaux, au cœur de la cité dans vos arrondissements respectifs, vous pouvez témoigner des progrès réalisés ces dernières années grâce au renforcement du partenariat Ville de Paris / Préfecture de Police, et naturellement d’autres acteurs comme le Parquet, mais vous pouvez aussi témoigner de ce qui reste à faire.
... qui appelle une réponse volontariste
Le programme de mandat du Maire et de la majorité parisiens est particulièrement précis en matière de Sécurité et de Prévention. C’est un programme très ambitieux que je souhaite naturellement réaliser sur les six ans qui viennent, en concertation avec les Mairies d’arrondissement, en m’appuyant principalement sur la D.P.P., sans oublier les associations partenaires. Nous avons pris l’engagement d’améliorer la prévention dans les ensembles et les quartiers difficiles à travers le doublement du dispositif de correspondants de nuit, et la mise en place, après étude et réflexion, d’un dispositif de correspondants de jours. Nous avons prévu d’améliorer la prévention aux abords des écoles et collèges, en étendant la surveillance des sorties d’écoles à 500 établissements (contre 232 actuellement) ainsi qu’aux abords des collèges sensibles. Nous développerons notre solidarité avec les victimes, en étendant à tous les arrondissements le service d’accompagnement des personnes âgées ou vulnérables et le Service d’Aide matérielle aux victimes d’infractions pénales expérimenté dans le 12ème arrondissement. Nous allons aussi mettre en place dans chaque commissariat central d’arrondissement, un correspondant des services municipaux aura pour mission de repérer les situations difficiles et d’apporter une réponse adaptée. Nous n’oublions pas non plus la nécessaire solidarité avec les plus démunis, et c’est pourquoi nous renforcerons l’unité d’assistance aux sans abri de la Mairie de Paris. J’ajoute que nous devons aussi augmenter le nombre des agents verbalisateurs pour garantir une meilleure propreté de l’espace public.
Vous savez, aussi, que nos concitoyens attendent des réponses satisfaisantes pour leur tranquillité et leur sécurité bien au-delà de la seule lutte contre la délinquance. L’éventail des besoins en sécurité et tranquillité est vaste, de la lutte contre les nuisances sonores, au progrès nécessaire de la sécurité incendie, notamment dans son volet prévention… Nous avons donc deux guides d’action : le programme de la municipalité, et les attentes exprimées par les citoyennes et les citoyens. La Sécurité étant l'affaire de tous, il faut faire vivre un véritable partenariat
Nous avons deux leviers de réponse : les services de la D.P.P. ou subventionnés par elle (j’y inclus le G.P.I.S.), et l’influence que nous avons sur les autres acteurs de la Sécurité, en particulier la Police Nationale.
Je souhaite conforter les relations de travail constructives que nous avons avec la Préfecture de Police, dans la logique de « coproduction » à laquelle nous invite la loi et la réglementation, mais aussi qui est le fruit d’un véritable choix politique du Maire de Paris (un choix qui s’est traduit sur le dernier mandat par une augmentation de 40% de la participation de la Ville au budget spécial de la Préfecture de Police). Je partage totalement cette approche constructive, coopérative, non polémique, fondée sur le respect républicain des prérogatives de chacun et la volonté d’œuvrer au seul but qui vaille : l’intérêt public. Il n’y a pas aujourd’hui de représentant de la Préfecture de Police à cette réunion, car nous devons d’abord faire connaissance entre élus de Paris, mais, de même que vous travaillez utilement avec la Police sur le terrain, et de même que mon cabinet et moi-même, le cabinet du Maire de Paris et lui-même, travaillent utilement avec le Préfet de Police et son cabinet, de même, je souhaite que nous généralisions les interfaces, lorsqu’elles sont utiles ; c’est d’ailleurs pourquoi ma première demande au Préfet de Police a été l’installation du Conseil Départemental de prévention de la Délinquance, d’aide aux victimes et de lutte contre la drogue, les dérives sectaires et les violences faites aux femmes. Ce Conseil a été institué par le décret du 7 juin 2006 et jamais installé depuis. Le Préfet de Police est d’accord, le Conseil sera installé. En juin, ou en septembre. Tout dépendra de l’avancement de notre réflexion collective sur l’évolution du Contrat Parisien de Sécurité et des Contrats de Sécurité d’Arrondissement. Et c’est un sujet clé dont je veux vous parler aujourd’hui. Je n’oublie pas non plus les autres partenaires impliqués dans ces contrats, en particulier le Parquet, et l’Education Nationale. J’ai rencontré le Procureur de la République aux lendemains de ma prise de fonction, et rendez-vous est pris avec le Recteur de l’Académie de Paris. J’oublie d’autant moins ce partenaire essentiel que, comme vous le savez, l’éducation est la base de la citoyenneté, et la citoyenneté est la base de la sûreté. Car nous pouvons et nous devons agir pour faire respecter la loi, le cas échéant par la répression, mais rien ne remplace le respect consenti de la loi, celui du citoyen qui consent à respecter les règles, parce qu’il se sent appartenir à la Nation, et qu’il détient, lui aussi, cette parcelle du Souverain qui définit les règles. Vaste et noble mission, donc, que ces délégations à la Sécurité et à la Prévention qui sont les vôtres, les nôtres, et qui nous amènent à nous poser la question essentielle : celle de la citoyenneté. Pour aujourd’hui, je vous propose que nous organisions la réunion de la façon suivante. D’abord, je vais céder la parole à M. Le Lay, Directeur de la DPP, pour vous présenter le travail des 1350 agents de la Direction, une jeune direction de la Ville, qui a été rassemblée, étoffée, structurée, et qui a beaucoup progressé en termes de formation, d’équipement, d’efficacité, au fil de ces dernières années, pour se hisser au niveau d’attente des Parisiens en matière de sécurité et de prévention, dans le cadre des prérogatives de la Ville. Ensuite, je vous laisserai vous présenter, l’un après l’autre, et énoncer succinctement les problématiques territoriales spécifiques de votre arrondissement. Je vous demanderais de ne pas vous borner à des constats, mais de dire quelles réponses sont d’ores et déjà données, par quels acteurs, et surtout quelles sont les propositions précises que vous pouvez formuler pour mieux pallier les difficultés constatées. Je souhaiterais que nos échanges s’engagent enfin, sur la base de vos interventions, avec un fil rouge : la renégociation, qui sera la grande affaire des mois à venir, du Contrat Parisien de Sécurité et des Contrats de Sécurité d’Arrondissement..." Mercredi 3 Septembre 2008
Emmanuelle PIREYRE
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