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Georges SARRE
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Le « service minimum », où une illustration parmi d’autres du « diviser pour régner ».
« Que vaut le service minimum ? ». Le Parisien pose la question à la Une ce matin. D’aucuns avaient pu croire, lorsqu’a été votée la loi du 21 août 2007 « sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs », communément appelée « loi sur le service minimum dans les transports », que l’affaire était réglée. La gauche dénonçait à juste titre une restriction du droit de grève, et la droite annonçait avoir volé au secours des usagers.
Naturellement, dans les faits, personne n’aura observé d’évolution significative. Comme chantaient les Poppies, « non, non, rien n’a changé ; tout, tout a continué » : oui, les usagers sont gênés, et même très gênés, les jours de grève. Il n’y a pas de service minimum. Non seulement je ne viens pas ici m’en plaindre, mais je veux vous convaincre qu’il ne peut en être autrement. Et que toute « amélioration » du dispositif, comme le promet M. Hortefeux, ne changera strictement rien. En effet, s’il est légitime de bien informer les usagers des services qui sont rendus et de ceux qui sont suspendus par la grève, de sorte qu’ils s’organisent au mieux (la grève étant un droit, mais pas une obligation, sauf peut-être si l’on pose le débat en termes de morale politique !), la notion de « service minimum » dans les transports est, en revanche, fondamentalement absurde. Quiconque prend la ligne 13 du métro à Paris le matin entre 7h et 10h, et dans une moindre mesure tout autre transport ferré en Ile de France, hors période de grève, se rend compte qu’il bénéficie déjà d’un service minimum ! Agglutinés dans les rames, les usagers sont transportés au moindre coût, rigueur budgétaire et dogme libéral obligent. Imaginons donc, demain, l’instauration d’un véritable « service minimum », c’est-à-dire la définition de plages horaires dites « de pointe » où circuleraient les trains conduits par les chauffeurs non grévistes, voire réquisitionnés. Imaginons que l’horaire choisi le matin soit la plage 7h30 – 8h30. Tous les passagers qui partent habituellement entre 6h et 7h30, et ceux qui partent entre 8h30 et 9h30 viendront se joindre aux passagers habituels de la tranche 7h30-8h30. On multipliera par deux ou trois le nombre de passagers. A fortiori, si quelques lignes seulement sont concernées par le service minimum, c’est une multiplication du nombre de passagers par cinq ou dix sur les lignes en service. Tout le monde connaît la blague : « comment met-on quatre éléphants dans une deux-chevaux ? Deux devant, deux derrière »… Mais personne ne trouvera très drôle en revanche, de chercher à mettre 2.000 passagers dans une rame qui ne peut en contenir que 600… Surtout le jour où, dans la cohue, l’un d’entre eux perdra la vie écrasé dans une porte automatique, ou poussé sous une rame. Avec un service qui est, finalement, au « minimum » tous les jours, le « service minimum » les jours de grève n’est qu’un faux-semblant manipulateur, sauf à interdire la grève aux personnels de la RATP et de la SNCF, ce qui est bien sûr inacceptable, le droit de grève étant un acquis capital, et d’ailleurs un droit constitutionnel. Il en va de même pour le service minimum d’accueil à l’école. L’expérience honnête tentée par la Ville de Paris nous a montré qu’il n’est pas possible de procéder à l’accueil des enfants dans de bonnes conditions, en particulier de sécurité, en réquisitionnant à la dernière minute des personnels municipaux qui peuvent eux-mêmes être en grève, et qui ne seront donc jamais en nombre suffisants pour faire face. N’ayons aucun doute sur le fait que la Droite est parfaitement consciente de l’inanité du service minimum. Elle en parle par clientélisme électoral, pour flatter les anti-grévistes viscéraux. Elle insiste surtout pour provoquer la polémique à l’intérieur du monde du travail, entre ceux qui font la grève et ceux qui veulent aller travailler, prendre les transports, déposer leurs enfants à l’école. Elle fait tout pour que la polémique soit montée en épingle, et que la fracture se creuse entre salariés en grève et salariés non-grévistes. Ceci participe d’une stratégie éculée de division du monde du travail : tant que le salarié non-gréviste considère que son adversaire est le salarié gréviste, tant que le salarié du privé considère que son adversaire est le fonctionnaire, tant que le professionnel libéral ou le petit patron considère que son adversaire est le salarié, et réciproquement, alors tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles pour l’oligarchie financière mondiale. Divisez-vous, forces productives, le grand capital vous regarde en ricanant ! Le service minimum et la polémique qui l’entoure font partie des pièges tendus aux travailleurs par ceux qui s’enrichissent au détriment des chômeurs, des travailleurs pauvres, des salariés modestes. En attendant, la valeur ajoutée se déporte de plus en plus du travail vers le capital (alimentant la bulle spéculative et la crise financière). Il est grand temps de percer à jour ces faux débats. Il est grand temps d’allumer la lumière dans les consciences des salariés, en particulier du privé. Il est grand temps de reconstruire une conscience de classe, et une unité populaire, pour qu’ensemble, nous reprenions les commandes d’un pouvoir économique et politique qui a été usurpé, avec la complicité des grands médias, et grâce à l’abrutissement télévisuel et consumériste, par une oligarchie régnante. Celle-là même qui, d’accords O.M.C. en prescriptions FMI, de directives européennes en arrêts de la CJCE et de la CEDH, broie les Nations, les Etats, les droits des travailleurs, les services publics. Il est grand temps qu’on les arrête, et, pour commencer, qu’on les empêche de diviser pour régner : unité ! Georges SARRE Georges SARRE appelle tous ses camarades à participer à la manifestation du 29 janvier. Il y sera présent et vous pourrez notamment le rejoindre à 15h, à l'angle de la rue Rougemont et du bd Poissonnière. Vendredi 30 Janvier 2009
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