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Georges SARRE
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Le Grand Paris, une ambition démocratique4 octobre 2007 - Georges Sarre a publié une tribune "Le Grand Paris, une ambition démocratique".A lire dans la Tribune
Pour la seconde fois depuis son entrée en fonctions, le président Sarkozy vient de souhaiter la mise en oeuvre d’un "nouveau projet d’aménagement global du Grand Paris", sans pour autant nous dire vraiment pourquoi il faut le créer, ni quel en sera le contenu.
En tant qu’élu parisien, j’ai été le premier à dire que Paris et sa banlieue ne pouvaient plus vivre chacun de son côté, qu’il fallait mettre fin à l’absurde enfermement de la capitale dans la frontière artificielle du périphérique. En déposant, en 1999, une proposition de loi visant à créer un "haut-conseil de l’agglomération parisienne", élu au suffrage universel et disposant de compétences étendues, je ne faisais que tirer les leçons d’un constat fait sur le terrain : de nombreux problèmes, faute d’être abordés et résolus au seul échelon qui soit pertinent, celui de l’agglomération, rendent aujourd’hui la vie quotidienne des habitants de Paris et des banlieues très difficile. L’aménagement du Grand Paris doit être pensé par une instance dotée d’une légitimité démocratique, et non être imposé d’en haut. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a fait un premier pas en mettant en place une conférence d’agglomération et en développant les partenariats entre Paris et les villes limitrophes. Pourtant, il faut aller plus loin. En effet, les conditions sont très difficiles, au quotidien, en région parisienne, dans plusieurs domaines. Le logement tout d’abord. La ville de Paris, malgré un effort sur le rythme de construction de logements neufs, ne peut absorber seule les cent mille demandeurs recensés, d’autant plus que la capitale a des limites finies et que les possibilités de construction seront bientôt épuisées. Les transports ensuite : est-il normal que certaines communes de banlieue soient si mal desservies que le temps de transport vers Paris est plus long qu’un trajet en TGV vers une ville de province ? Le développement économique enfin : on ne peut laisser perdurer la division entre villes dortoirs qui s’appauvrissent faute de péréquation des ressources fiscales et villes aux allures de centres d’affaires dont certaines sont plus riches qu’un département de province. Autorité politique nouvelle Ces problèmes, ressentis comme majeurs par les habitants, mais aussi la pollution et l’environnement, les grands choix d’urbanisme ou la gestion de l’eau, doivent être abordés au niveau de l’agglomération, dont le périmètre le plus pertinent est celui de l’ancien département de la Seine. Comment cela peut-il se faire ? Par un transfert de compétences, des communes d’une part, de la région Île-de-France d’autre part, à une autorité politique nouvelle gérée par des élus du peuple, représentant les différentes communes du Grand Paris, au prorata de leur population. Qu’on ne se méprenne pas, il ne s’agit pas de supprimer la Région, ni même de la vider de sa substance, car l’Île-de-France est beaucoup plus vaste que Paris et sa couronne. Mais, justement, il faut admettre qu’il existe des problématiques spécifiques à la couronne, qui ne sont pas celles de la très grande banlieue ou de l’Île-de-France rurale, et il faut en tirer la conséquence logique en donnant aux citoyens du Grand Paris la possibilité d’être représentés à l’échelon où se situe leur vécu. Naturellement, ce volet institutionnel n’aura de sens que si la nouvelle instance a les moyens financiers de ses choix. Paupérisation des banlieues C’est pourquoi je propose une mutualisation des ressources fiscales, créant une solidarité entre les communes par le biais d’une taxe professionnelle unique qui serait redistribuée entre le Grand Paris, les départements et les communes, au prorata des besoins. C’est l’unique moyen de mettre fin au processus inexorable, en l’état actuel, de paupérisation des banlieues qui ont perdu leurs activités industrielles, concentrent les maux sociaux et deviennent des zones de relégation. La création du Grand Paris est une urgente nécessité pour l’équilibre de la région capitale. Elle l’est aussi pour la compétitivité de notre région face à des métropoles comme Londres, Berlin ou Bruxelles, qui se sont toutes les trois dotées d’une assemblée délibérante dont le périmètre de compétences comprend la ville-capitale et sa périphérie. On ne peut donc pas se contenter de voir l’État lancer une sorte de concours d’idées pour agences d’architecture, autour d’objectifs flous comme "créer de vraies villes dans nos banlieues" ou "penser le siècle qui s’ouvre". La seule réforme d’envergure, c’est de mettre fin, par la loi, à l’absurde découpage administratif actuel et d’instaurer la démocratie locale à l’échelon où se vivent les défis majeurs, celui de l’agglomération du Grand Paris. Vendredi 20 Juin 2008
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