Conseil de Paris des 19 et 20 octobre 2009
Vœu de Georges SARRE et Michel CHARZAT
relatif aux conséquences de la mondialisation néo-libérale
sur les salariés parisiens et franciliens de Téléperformance
Le nº1 mondial des centres d’appels téléphoniques, Téléperformance, qui emploie quelque 8000 personnes en France, a son siège social à Paris, dans le XVe arrondissement. Cette société a pour donneurs d’ordres de grandes entreprises telles que France Télécom Orange, qui lui sous-traitent leurs programmes de relations clients, en particulier des prestations de centres d’appels.
Téléperformance Centre Est projette une restructuration concernant 475 emplois en France et la fermeture de trois sites sur ses quatre sites franciliens : celui de Paris XVe, celui de Montigny-le-Bretonneux dans les Yvelines et celui de Pantin en Seine-Saint-Denis.
La direction invoque « une baisse de 5 % à 10 % du volume d’activité en France en 2009 ». Pourtant, Téléperformance, présente un chiffre d'affaires de 946,7 millions d'Euros au premier semestre 2009, en augmentation de 7,6% par rapport à la même période de 2008, et un résultat opérationnel au premier semestre 2009 de 73,4 millions d’Euros !
En juillet 2009, Téléperformance ouvrait son troisième centre d’appel en Inde. Elle projette l’ouverture d’un nouveau centre au Maroc en 2010…
Les grands clients de Téléperformance dans le secteur des télécoms (Orange en particulier), semblent avoir exigé un accroissement supplémentaire de la productivité de leur fournisseur de services.
Suite à l’annonce d’un « Plan de Sauvegarde de l’Emploi », bien mal nommé, en août 2009, les salariés franciliens se sont mobilisés. Des mouvements de grève très suivis se sont développés. Des occupations de site ont été organisées. Le PSE a été contesté par les organisations syndicales devant la justice, qui l’a suspendu le 22 septembre dernier.
La Direction de Téléperformance a donc demandé une nouvelle réunion des partenaires sociaux le 12 octobre pour ouvrir des « négociations » afin de « réactiver » ce plan social.
Parallèlement, et face à la mobilisation sociale, les syndicats relèvent que la direction de Téléperformance exercerait des représailles : « déstabilisation des collectifs de travail des centres menacés de disparition, (…) multiples pressions sur les salariés, sur les mandataires et les élus des organisations syndicales… ».
Par la voix de son président, Jean-Paul Huchon, le conseil régional d’Ile de France a annoncé qu’il allait « financer un audit indépendant sur les conditions de travail chez Téléperformance » et « lancer une table ronde sur l’avenir des centres d’appel en Ile-de-France ».
La situation de Téléperformance est emblématique des maux économiques et sociaux que la mondialisation néo-libérale impose à la France, à l’Ile de France, et à Paris :
- le travail est devenu la variable d’ajustement du capital, qui fait passer avant tout non seulement la rentabilité, mais un niveau élevé de rentabilité
- la nouvelle division internationale du travail, dans le cadre d’un libre-échange absolu, engendre délocalisations et chômage
- les grandes entreprises, le plus souvent privatisées, répercutent et démultiplient, comme donneurs d’ordres, cette suprématie funeste du capital sur le travail.
Face à cette situation grave et emblématique, sur proposition de Georges SARRE et Michel CHARZAT, le Conseil de Paris manifeste sa solidarité aux salariés de Téléperformance, condamne la logique financière anti-économique et anti-sociale à l’œuvre, et émet le vœu que le Maire de Paris demande au gouvernement de prendre ses responsabilités et d’amener Téléperformance, ainsi que ses donneurs d’ordre, à sauver les sites franciliens, notamment celui de Paris, et l’intégralité des emplois franciliens et parisiens de Téléperformance.