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Georges SARRE
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La Sarkozie : une France sans souveraineté
Ceux qui rêvent que la France disparaisse auraient-ils décidé de la transformer en Etat sans souveraineté, la Sarkozie, 51ème état des Etats-Unis d’Amérique ?
On peut se le demander en ce jour funeste où le gouvernement engage sa responsabilité à l’Assemblée Nationale, et obtiendra ainsi un vote favorable de sa majorité au retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. Sur le fond, c’est évidemment un symbole lourd de conséquences pour notre diplomatie, un symbole d’alignement sur l’hyperpuissance. Même à visage humain, même dans l’hypothèse, qui reste à vérifier, d’un infléchissement profond et durable de sa politique étrangère, l’administration états-unienne reste avant tout, et c’est logique, défenseuse de ses intérêts ; on n’effacera pas d’un trait de plume des décennies de réflexes dominateurs, d’automatismes manipulateurs, à l’égard des alliés de l’OTAN. Revenir dans le commandement intégré de l’OTAN, c’est donc afficher au monde un suivisme dangereux à l’égard des Etats-Unis. Sur le fond toujours, au plan militaire, c’est évidemment le risque d’impliquer la France dans les décisions états-unienne : il s’agit bien sûr non pas de donner à la France le pouvoir d’infléchir les options militaires états-unienne (qui croit encore que les alliés infléchissent quelque décision que ce soit de la première puissance militaire du monde ?), mais bien de lui donner l’obligation de les co-assumer. Diplomatiquement et militairement, symboliquement et concrètement, c’est donc se lier pieds et poings à l’hyperpuissance. Quant à la procédure de validation « démocratique » de ce choix lamentable, elle relève de la même logique que le fond du dossier : ceux qui n’aiment pas la souveraineté diplomatique et militaire de la France n’aiment pas la souveraineté démocratique du peuple français. C’est pourquoi le choix de l’aliénation de notre souveraineté diplomatique et militaire se fait sans consulter le peuple, et en se bornant à faire voter le cénacle autorisé d’une Assemblée, de surcroît contrainte par le « fait majoritaire ». Bien sûr, en tant que membre honoraire du Parlement, je ne peux que me féliciter que l’Assemblée soit consultée (en apparence). Il devrait en être de même du Sénat. Mais en tant que républicain, je demande surtout un référendum. La souveraineté nationale est en jeu : comme le 29 mai 2005, le peuple français doit avoir le pouvoir de dire non. Hélas, en Sarkozie, point de diplomatie indépendante, point de défense indépendante, point de consultation du peuple, bref, point de souveraineté. Dans l’Histoire, c’est le Général de Gaulle dont chacun se souviendra ! Georges SARRE Mardi 17 Mars 2009
Emmanuelle PIREYRE
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