La Fête des Cerises 2008

Rencontre annuelle et festive du MRC

17 mai 2008, à l'occasion de la fête des cerises - les militants et sympathisants se sont réunis au Mur des Fédérés, puis au siège de la Fédération de Paris, pour commémorer la Commune de Paris, les communards.



Programme

- à 11h00, commémoration au Mur des Fédérés, cimetière du Père Lachaise
- à 12h30, apéritif militant au 2 rue Jules Verne, Paris 11e


L'allocution de Georges SARRE

Chers amis, chers camarades,

Nous sommes réunis, ici, comme chaque année, le samedi qui précède le triste anniversaire de la « semaine sanglante », pour commémorer la Commune de Paris, les communards.

C’est une coutume, une tradition pour notre mouvement ; elle ne relève pas du rituel passéiste ; elle s’inscrit dans notre message contemporain.

Que disait hier, ce petit peuple qui s’insurgea, ici, dans l’Est parisien, sur le plateau d’Avron, les hauteurs de Belleville, la butte Montmartre ou à Ménilmontant ? Il disait son patriotisme contre la veulerie d’une majorité de la grande bourgeoisie ; une bourgeoisie qui s’était résolue à brader la France dans un accord de paix avec l’occupant prussien.

Car ce « parti de l’ordre » au pouvoir, le parti de Thiers, c’était bien, objectivement, le parti du renoncement. Il ne l’était pas par principe ; il l’était par logique de classe. Les grands bourgeois, de l’Ouest parisien et de Province, ont, pour beaucoup, bradé la France, parce qu’ils étaient, avant tout, attachés à leurs biens personnels. L’intégrité du territoire national leur importait moins que la préservation de leurs domaines et de leurs fortunes. La souveraineté de la France ne méritait pas le combat ; et peut-être même n’étaient-ils pas fâchés, pour certains, royalistes et conservateurs, que cette souveraineté fût abîmée, dès lors que, de plus en plus, depuis 1792, la Première, puis la Deuxième République en 1848, cette souveraineté nationale devenait aussi souveraineté populaire ! Odieux petit peuple d’ouvriers, d’artisans, de petits commerçants, nombreux, et donc menaçants, qui, d’insurrections en conquêtes politiques, s’invitaient à la table du pouvoir ! Et puisque l’Empire avait chu, puisque la République était à nouveau proclamée, s’il fallait que l’armée prussienne fût l’instrument qui contînt le peuple, alors, va pour l’armée prussienne !

Oui, le « parti de l’ordre », le parti de Thiers, les Versaillais, étaient bourgeois avant que d’être français, et, de l’autre côté des barricades, la Commune était socialiste en même temps que patriote !
Car c’est à la fois la reddition nationale et la régression sociale qu’ont rejetées les Communards. C’est à la fois la domination de l’Empire Allemand proclamé dans la galerie des Glaces à Versailles, et la suppression, décidée, elle aussi, à Versailles, du moratoire sur les effets du commerce, des loyers et des dettes, qui mettait 100.000 à 200.000 personnes sur la paille.

Oui, le parti de la domination sociale était le parti du compromis, et le petit peuple avait ses armes et son patriotisme pour défendre jusqu’à sa survie alimentaire.
Oui, la Commune est l’un de ces nœuds gordiens de l’Histoire qui démontrent que patriotisme et socialisme bien compris sont l’endroit et l’envers d’une même médaille, celle de la République, de la République sociale.

Alors bien sûr, certains Communards étayaient leur révolte sur une pensée politique plus construite que d’autres, mais les ressorts social et patriote étaient bien là pour tous. Pour certains, le socialisme est déjà pensé. Songeons à Eugène Varlin, fils de paysans pauvres, artisan relieur à Paris, qui participe dès 1869 à la création de la Fédération Parisienne des Sociétés Ouvrières, celle qui donnera plus tard naissance à la C.G.T.. Il avait déjà, avec Malon, prôné pour l’élection législative de 1869 la nationalisation des banques, des assurances, des mines, des chemins de fer… Varlin, qui faisait bouillir gratuitement ses marmites pour les pauvres, participa à la prise de la place Vendôme… et fut fusillé.

Mais la Commune, avant d’être réprimée dans le sang, mit en œuvre, en deux mois, des réformes sociales des plus avancées. Elle organisa la solidarité en distribuant des pensions aux veuves, aux orphelins, en instaurant la vente publique de nourriture bon marché ; elle mit en place le salaire minimum, l’enseignement laïc, et même, dans certains arrondissements comme le XXe, gratuit. Bref, la Commune est l’expérience de la plupart des réformes républicaines et socialistes qui seront peu à peu conquises au fil des décennies suivantes.

Ce mouvement, ces progrès, ont été bâtis par ce que l’on pourrait appeler la gauche. Mais d’abord par une majorité sociale. C’est cette masse du « petit peuple », dont l’unité tenait à la convergence sociale et au patriotisme, qui imposa la Commune. Les jacobins, dont nous sommes d’une certaine manière les héritiers, composèrent avec les radicaux, les blanquistes ou les proudhoniens ! Les divergences, importantes, furent dépassées fasse à l’ennemi.

Parce qu’il y avait un cap, parce qu’il y avait une substance patriote, parce qu’il y avait une majorité sociale.

Chers amis, chers camarades,

oui, la Commune s’inscrit dans le message contemporain que porte le Mouvement Républicain et Citoyen. Demain, nous conquerrons les leviers du pouvoir ; demain, nous ferons les réformes sociales dont la France a besoin, si aujourd’hui, nous, Mouvement Républicain et Citoyen, sommes capable de donner à la gauche une substance patriote et l’envie de rassembler, des ouvriers aux fonctionnaires, aux artisans, aux commerçants, aux employés, aux petits patrons, une large majorité sociale.

C’est cela, je le crois, le « grand parti de la gauche » que nous appelons de nos vœux avec Jean-Pierre CHEVENEMENT.

Et c’est avec lui, je l’espère, que nous pourrons démontrer qu’Eugène Pottier, l’auteur de l’Internationale, avait raison d’écrire, en 1886, peu avant sa mort : «Tout ça n'empêche pas, Nicolas, que la Commune n'est pas morte... »

Qu’on se le dise, surtout un certain… Nicolas !

Vive le socialisme, vive la République sociale, vive la Nation !


Dimanche 15 Juin 2008


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Blog de Georges SARRE, ancien Ministre, Maire-adjoint de Paris chargé de la Sécurité et de la Prévention, Secrétaire National du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), Président du club Laïcité