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Georges SARRE
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LOPPSI et sécurité à l'Ecole : communiqué de Georges SARRESecrétaire National du MRC
Réaction au projet de LOPPSI et aux mesures annoncées pour la sécurité dans les établissements scolaires
A dix jours des élections européennes, les événements, graves, de Fenouillet et de La Courneuve ne sont, à l’évidence, pas les seules motivations du gouvernement pour convoquer une fois de plus à la Une de l’actualité politique la thématique de l’insécurité. Depuis plusieurs jours, des démonstrations policières par trop tapageuses dans toute l’Ile de France et les propositions incongrues du Ministre de l’Education Nationale marquent clairement la volonté du pouvoir d’instrumenter les enjeux de sécurité à des fins électoralistes. A la démagogie de la Droite, la Gauche ne doit pas opposer sa propre tentation démagogique. Instrumenté par le pouvoir, le thème de l’insécurité repose néanmoins sur certaines réalités. Elles appellent des réponses de fond. A l’Ecole, aux abords comme à l’intérieur des établissements scolaires, les phénomènes de violence existent, et rien ne sert de les nier. C’est avant tout en confortant l’autorité des maîtres et de l’ensemble des personnels éducatifs, qui doivent être suffisamment nombreux et formés, que nous la ferons reculer. On peut faire évoluer certaines situations : il n’est vraiment pas scandaleux par exemple d’autoriser les personnels éducatifs, dans certaines conditions, à fouiller les sacs des élèves. Mais il est absurde de vouloir transformer les établissements scolaires en « Quartiers Haute Sécurité » en installant portiques, caméras, et pourquoi pas, demain, des miradors ! Aux abords des établissements scolaires, une police de proximité travaillant en liaison effective avec les acteurs de terrain de l’Education Nationale, les éducateurs de la PJJ et les autres acteurs de la prévention doit obtenir des résultats. Il n’est nul besoin de gesticuler mais au contraire grand temps d’agir. Plus largement, les acteurs de la sécurité et de la prévention ont besoin de certaines des évolutions législatives contenues dans le projet de LOPPSI. Ne faisons pas de politique politicienne : ce projet ALLIOT-MARIE contient une majorité de mesures que la gauche aurait pu proposer, et même que nous réclamions. Je me souviens notamment avoir écrit, en qualité de Maire-adjoint de Paris chargé de la sécurité et de la prévention, au préfet de police de Paris, il y a un an, pour lui faire savoir que j’étais favorable à l’allongement des interdictions administratives de stade. Je ne vois que des bonnes raisons, également, de confisquer les véhicules des délinquants routiers récidivistes et les plus dangereux. Je ne peux qu’approuver le renforcement des moyens contre la cybercriminalité, notamment pédopornographique. La LOPPSI relève donc davantage, quant à elle, d’une logique d’efficacité de l’action publique que d’instrumentation des enjeux de sécurité. Nous devrons être très vigilants néanmoins quant à la déclinaison règlementaire des nouvelles possibilités de fichage des individus, notamment des mineurs, qu’ouvre cette loi. Je déplore aussi la possibilité pour une autorité publique, même dans le cadre d’une convention offrant des garanties juridiques, de confier le visionnage des systèmes de vidéoprotection à des opérateurs privés. A Paris et dans sa métropole, la création d’une police d’agglomération sous l’autorité du préfet de police de Paris va dans le bon sens. On peut se demander toutefois si son cantonnement aux missions de maintien de l’ordre est vraiment la meilleure manière de lutter contre la délinquance de bassin... Quand le gouvernement songera-t-il à organiser une concertation entre les acteurs de la sécurité et de la prévention du « grand Paris » pour tenter de définir une orientation partagée ?! Mais l’essentiel est ailleurs : qu’il s’agisse des évolutions positives de la LOPPSI ou des gesticulations de Xavier DARCOS, elles pèseront bien moins sur la réalité quotidienne de l’insécurité que les ravages de la Revue Générale des Politiques Publiques, qui devrait se traduire par la suppression de 13.000 postes au moins de policiers et gendarmes en deux ans, ou encore que l’incurie du gouvernement en matière de politique pénitentiaire, génératrice de récidive, et le manque de moyens sans cesse plus criant en matière de protection judiciaire de la jeunesse ou encore de santé mentale, pourtant au cœur des enjeux de délinquance… Georges SARRE est ancien Ministre, Maire-adjoint de Paris chargé de la sécurité et de la prévention Jeudi 28 Mai 2009
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Question d'actualité de Georges SARRE, Conseiller de Paris MRC, le 5 juillet 2010