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"Je quitte mes fonctions exécutives, mais je continue le combat politique !"
Georges SARRE annonce ce matin qu'il a décidé, à l'occasion de ses 75 ans, qui approchent, de quitter bientôt son mandat exécutif de Maire adjoint de Paris. Il précise toutefois qu'il continue, comme Conseiller de Paris et responsable national du MRC, le combat politique. Son bilan pour la sécurité des Parisiens est digne de fierté. Plus largement, il revient sur ses combats pour la gauche à Paris. Au plan national, fidèle à sa ligne politique, il appelle à "s’affranchir de la dictature de Bruxelles, qui casse notre industrie, notre agriculture et nos services publics", à "défendre la culture française, la laïcité et la cohésion civique", et même, à "déclarer l’insurrection républicaine des citoyens souverains !".
A lire également, son interview dans Le Parisien, ce matin (en kiosques), le communiqué du Maire de Paris (au format PDF en bas de l'article), et celui du MRC Paris ( www.mrc75.org ).
"Aux citoyens du XIe et de Paris,
A mes camarades du MRC, à tous les militants patriotes, socialistes, républicains,
Chers amis,
Comme je l’ai dit au Maire de Paris, Bertrand DELANOE, il y a quelques mois, je quitterai au tournant de l’année mon mandat dans l’exécutif municipal. Pourquoi ? Pour une raison simple : j’aurai 75 ans le 26 novembre prochain, et je m’étais toujours promis qu’à 75 ans, je tournerais la page de mes mandats exécutifs. Il faut se fixer une limite. Je me suis fixé celle-ci, et je suis fidèle à moi-même en respectant cette échéance.
Depuis 1988, sauf entre 1993 et 1995, j’exerce sans discontinuer des missions exécutives : au gouvernement, et à la Mairie de Paris. Vingt ans de mandats exécutif, donc.
Il est hors de question, pour moi, d’attendre d’être fatigué ou blasé ; je veux quitter ces mandats exécutifs tel que je me suis engagé à l’origine : toujours optimiste pour mes idées, toujours passionné du bien public, toujours prêt à me battre pour l’intérêt général, et pour aider chacune et chacun de nos concitoyens.
Je n’abandonne toutefois ni les Parisiens, ni la vie publique
Les Parisiens et moi-même, à travers le vote des citoyens du XIe arrondissement en 2008, nous avons un contrat : ils m’ont élu Conseiller de Paris pour six ans, et j’ai accepté de les représenter au Conseil de Paris pendant six ans. J’honorerai ce contrat.
Par ailleurs, je reste Président du Conseil National du Mouvement Républicain & Citoyen, et je continuerai à me battre pour mes idées, aux côtés de Jean-Pierre Chevènement, un véritable homme d’Etat, et qui porte une vision de l’avenir de la France.
En matière de sécurité et de prévention de la délinquance, nous avons beaucoup avancé à Paris depuis mars 2008
Bertrand DELANOE m’a confié cette mission, et depuis mars 2008, je crois, avec mon équipe, en avoir été digne.
Ce que nous avons fait en moins de trois ans, beaucoup ne l’auraient pas fait en un mandat.
Je remercie du fond du cœur mon équipe, dirigée avec intelligence et rigueur par Patrick TRANNOY.
Nous avons pu signer dès mars 2009 un tout nouveau contrat parisien de sécurité : nous avons travaillé d’arrache pied entre mars 2008 et mars 2009 pour dégager un consensus sur ce contrat, entre des partenaires variés (Police, Justice, Education Nationale, Mairie de Paris…). Entre mars 2009 et aujourd’hui, nous avons décliné ce contrat dans tous les arrondissements.
Voilà donc un diagnostic, une stratégie et un plan d’action partagés, dans tout Paris, pour les trois prochaines années, puisque telle est la durée de vie moyenne de ces contrats.
Nous avons posé les jalons d’une action partenariale bien orientée, que nous avons organisée autour de l’idée clé de citoyenneté : la règle doit s’appliquer avec rigueur, mais elle doit être comprise par des citoyens libres et éclairés, qui la décident.
Je suis particulièrement fier d’avoir aussi obtenu l’installation de correspondants de nuit dans les 10e, 11e et 15e arrondissements. Ils tranquillisent les citoyens, résolvent les petits conflits par la médiation, assurent une veille de tous les dysfonctionnements de la voie publique. C’est un beau dispositif.
Fier d’avoir lancé le dispositif des intervenants de proximité en Commissariat, pour prendre en charge les situations des auteurs et des victimes qui appellent des réponses autres que policières.
Fier d’avoir relancé une politique municipale de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, en partenariat avec la MIVILUDES.
Fier d’avoir posé les bases d’une politique pluriannuelle et partenariale de sécurité routière avec nos partenaires, à travers le Document Général d’Orientation pour la sécurité routière à Paris. Il faut que tous les usagers de la voie publique apprennent à partager l’espace en toute civilité !
Je pourrais multiplier les exemples de ce que nous avons réussi. Je voudrais surtout remercier et encourager les partenaires institutionnels, et les associations avec lesquels nous avons engagé de nouveaux combats contre la violence, contre la récidive, pour la liberté et la citoyenneté en somme.
Nos amis de l’APCARS avec lesquels j’ai développé une politique d’accueil des conjoints violents pour permettre leur décohabitation, sur décision de justice, et donc la tranquillité et la sécurité de leurs victimes.
Nos amis de l’ARCUS avec lesquels – ainsi qu’avec les services pénitentiaires – j’ai développé une politique d’insertion des sortants de prisons, dans les espaces verts de la Ville de Paris.
Nos amis de « jeter l’Ancre » qui organisent des stages de responsabilité parentale dans le cadre d’alternatives aux poursuites pénales, pour aider les parents à mieux assumer la responsabilité de leurs enfants délinquants. La Ville devra aider davantage cette association.
Nous avons beaucoup œuvré pour une politique de sécurité et de prévention à la fois ferme et humaine, visant à l’idéal de citoyenneté. « Une ville sûre, des citoyens libres ». J’ai gardé en tête comme un fil rouge ce titre du colloque de Villepinte, en 1997, lorsque Jean-Pierre CHEVENEMENT a aidé la gauche à se confronter de façon responsable et ambitieuse aux problèmes de délinquance.
Je souhaite bonne chance à ceux qui continueront cette action. Face à la délinquance, notamment juvénile, il faut lever les tabous, sortir des postures, créer le consensus républicain autour d’une action responsable, la plus préventive possible, et individualisée.
Bien sûr, j’ai bien d’autres souvenirs que ceux des politiques municipales de prévention et de sécurité
J’ai été Maire du XIe pendant 13 ans. Nous avons transformé considérablement cet arrondissement. Introduit une dizaine d’espaces verts nouveaux, des équipements sportifs, culturels, éducatifs, des programmes d’urbanisme et de logement permettant la mixité et la qualité de vie…
Nous avons hissé le XIe aux premiers rangs des politiques culturelles, avec Soizik MOREAU notamment. Nous avons défendu et promu l’artisanat, avec Anne BRANDY notamment. Nous avons valorisé et développé la diversité et la qualité des pratiques sportives, dont mon camarade Jean-Marie BARRAULT a désormais la charge dans l’équipe municipale que dirige Patrick BLOCHE.
La Maison des Métallos, la cité Prost et son jardin, le square Jules Verne, le gymnase Berlemont… Que de réalisations, qui font du XIe ce qu’il est aujourd’hui !
Et le combat contre la mono-activité, pour la diversité commerciale, dont mon successeur a aujourd’hui la responsabilité, avec les potentiels, mais aussi les limites, des nouveaux outils que nous avons créés, comme la SEMAEST…
J’ai aussi été, chacun s’en souvient, le fer de lance de l’opposition de gauche à Paris, de 1977 à 1993. Nous avons bâti peu à peu l’édifice qui a permis, en 2001, la grande alternance et l’élection de Bertrand DELANOE, qui m’avait succédé à la présidence du groupe socialiste, puisque j’avais fait le choix de suivre Jean-Pierre CHEVENEMENT dans l’aventure légitime et passionnante du Mouvement des Citoyens.
Tout ce travail a porté ses fruits : l’essentiel des politiques, notamment des grands investissements, de la majorité de gauche, depuis 2001, vient des travaux, des orientations et des propositions de l’opposition que nous étions à l’époque. Je pense au tramway, par exemple, au rééquilibrage des équipements sportifs et culturels dans un Est parisien jusqu’alors délaissé, au choix de programmes d’urbanisme doux, par opposition aux gros « Paquebots-ghettos » des années CHIRAC…
Je suis heureux que Bertrand DELANOE mène cette politique, avec ardeur et compétence.
Je me souviens de mon entrée au Conseil de Paris en 1971 (j’ai donc connu l’époque des préfets), et bien sûr de 1977, lorsque j’ai été candidat contre Jacques CHIRAC à la Mairie de Paris, frôlant de 2.000 voix la victoire…
Ma plus belle expérience politique reste le mandat parlementaire. Après l'élection de François MITTERRAND en 1981, que nous avions beaucoup préparée et pour laquelle nous avions mené une magnifique campagne, j'ai bataillé pendant vingt et un ans à l'Assemblée Nationale, jusqu'en 2002, pour défendre ma ligne politique : authentiquement socialiste, patriote, internationaliste, républicaine. Il a fallu se battre contre une droite qui n'a plus rien de gaulliste et qui délaisse la Nation, et parfois contre certains qui, même à gauche, ont tendance à oublier le peuple...
Conseiller de Paris jusqu’en 2014, je continuerai à servir l’intérêt général et à aider la gauche à Paris, et les républicains en particulier
Je serai toujours disponible pour les Parisiens, notamment à mon bureau de la Mairie du XIe arrondissement, et à l’Hôtel de Ville de Paris.
Je prendrai part en tant que de besoin aux débats en Conseil de Paris, en tant que sensibilité Mouvement Républicain & Citoyen dans la majorité municipale.
Je souhaite en particulier faire entendre la voix de l’exigence de laïcité ; la voix du volontarisme et du patriotisme économique pour nos politiques d’achats, au service de l’emploi ; la voix d’une ambition forte pour l’axe fluvial qu’est la Seine, et d’un grand dessein pour la Métropole parisienne, moi qui ai toujours défendu le « grand Paris » depuis 30 ans, même quand personne n’y croyait !
Président du Conseil National du MRC, je donnerai mon avis aussi souvent que je le jugerai nécessaire, sur la situation préoccupante de la France et la manière dont nous pouvons servir son peuple
2012 ne s’annonce pas bien. La droite néolibérale est loin d’être battue. La gauche, si elle bénéficiait de l’effet essuie-glace pour balayer SARKOZY, prendrait les commandes du pays alors qu’elle n’a pas, à ce jour, de projet solide. Elle ne s’est pas libérée de la tutelle de la pensée unique, celle du néo-libéralisme mondialisé, celle de l’Europe qui broie les peuples et leurs souverainetés, donc les puissances publiques et les contrats sociaux. Elle conteste à raison la société de l’argent roi et de toutes les injustices ; elle constate souvent à bon escient les replis égoïstes, communautaires, parfois violents, la perte de sens, voire l’anomie, qui se substituent de plus en plus à la communauté nationale et à son horizon. Mais elle déplore encore les conséquences sans viser frontalement les causes.
Je ne renonce pas, dès lors, à mon combat. Il faut sortir de l’ornière du libre échange absolu, dogmatique, et pour tout dire aveugle. Il faut pointer du doigt la responsabilité de la monnaie dans le chômage de masse et envisager tous les moyens de se débarrasser du boulet de l’Euro fort. Il faut s’affranchir de la dictature de Bruxelles, qui casse notre industrie, notre agriculture et nos services publics. Il faut défendre la culture française, la laïcité et la cohésion civique. Il faut déclarer l’insurrection républicaine des citoyens souverains !
Le MRC doit faire preuve de cette audace. Là est le véritable « salut public ». Et le MRC doit aussi débattre de son avenir, librement, pour continuer longtemps son noble combat, sous une forme ou sous une autre.
Je fonde beaucoup d’espoir sur les jeunes générations. Bien sûr, en premier lieu, les jeunes cadres et militants du MRC. Ils peuvent compter sur moi.
Salut et fraternité."
Georges SARRE
Communiqué de presse de Bertrand Delanoë - Georges Sarre 171110.pdf
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La France est en péril... Son industrie, ses emplois, ses services publics, sa langue, l'égalité des chances et des conditions, et finalement toute idée d'intérêt général et tout lien social : voilà qui est mis à mal par l'oligarchie qui nous gouverne, à Paris, à Bruxelles, à Washington... et à Pékin.
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