Dans son rapport sur l’organisation territoriale de la France, Edouard BALLADUR émet une proposition, numérotée 18, visant à créer la collectivité locale à statut particulier du « Grand Paris ».
Partisan de longue date du « Grand Paris », auteur d’une proposition de loi en 1999 sur le sujet, je dois reconnaître hélas que, tel qu’il est présenté, le projet d’Edouard BALLADUR m’inspire plus de suspicion que d’enthousiasme.
Mais le sujet est trop important pour être caricaturé. A ce stade, je me contenterai donc de m’interroger, et d’interroger Edouard BALLADUR sur les buts de cette proposition.
1 – Si le but est d’adapter nos structures territoriales franciliennes à la réalité contemporaine - notamment à la réalité des migrations pendulaires, à la réalité économique, à la réalité sociale - pourquoi ne pas prévoir dans un même élan d’adapter le périmètre de la région au « fait régional », qui aujourd’hui correspond davantage aux frontières du Bassin Parisien qu’à celles de l’Ile de France ?
A moins qu’on ne cherche délibérément à créer une rivalité et un dysfonctionnement entre les deux collectivités territoriales - le « Grand Paris » et l’Ile de France - aux frontières, et plus encore aux masses démographiques et économiques rapprochées…
2 – Si le but est de répondre à la nécessité de battre en brèche la relégation urbaine et de développer la mixité sociale, alors pourquoi ne pas donner au « Grand Paris » les prérogatives et les moyens d’une véritable politique du logement (non seulement une politique de l’habitat, mais la possibilité de constituer des réserves foncières pour le logement social y compris contre l’avis des communes, notamment des communes UMP de l’Ouest, et la capacité de construire directement des logements) ?
A moins que l’argument de la péréquation sociale ne soit valable pour torpiller les départements (3 sur quatre à gauche), mais pas assez pour déranger certains édiles bourgeois…
3 – Si le but est de répondre à la nécessité de mettre le citoyen métropolitain aux commandes de l’avenir du « Grand Paris », ce que doit permettre l’institution d’une collectivité territoriale métropolitaine au pouvoir élu, alors pourquoi imaginer un mode de scrutin tellement éloigné des citoyens, tellement déterritorialisé ?
A moins que l’argument de la démocratie ne vaille qu’à condition qu’on ne s’en serve pas…
Dès lors, il apparaît que les intentions réelles du pouvoir son bien éloignées des buts que poursuivent les partisans sincères, dont je suis, du Grand Paris (modernisation, lutte contre la relégation urbaine et pour la mixité sociale, démocratisation et prise en main citoyenne de l’avenir métropolitain). Le pouvoir vise plutôt, à travers cette proposition :
- dans le pire des scénarios électoraux pour la droite, à déstabiliser la gauche parisienne et régionale en exacerbant et suscitant des rivalités entre une ville de Paris, un « Grand Paris », et une région île de France dirigés par la gauche
- et dans le meilleur des scénarios électoraux, à conquérir pour la droite l’une ou l’autre de ces institutions…
Georges SARRE
Partisan de longue date du « Grand Paris », auteur d’une proposition de loi en 1999 sur le sujet, je dois reconnaître hélas que, tel qu’il est présenté, le projet d’Edouard BALLADUR m’inspire plus de suspicion que d’enthousiasme.
Mais le sujet est trop important pour être caricaturé. A ce stade, je me contenterai donc de m’interroger, et d’interroger Edouard BALLADUR sur les buts de cette proposition.
1 – Si le but est d’adapter nos structures territoriales franciliennes à la réalité contemporaine - notamment à la réalité des migrations pendulaires, à la réalité économique, à la réalité sociale - pourquoi ne pas prévoir dans un même élan d’adapter le périmètre de la région au « fait régional », qui aujourd’hui correspond davantage aux frontières du Bassin Parisien qu’à celles de l’Ile de France ?
A moins qu’on ne cherche délibérément à créer une rivalité et un dysfonctionnement entre les deux collectivités territoriales - le « Grand Paris » et l’Ile de France - aux frontières, et plus encore aux masses démographiques et économiques rapprochées…
2 – Si le but est de répondre à la nécessité de battre en brèche la relégation urbaine et de développer la mixité sociale, alors pourquoi ne pas donner au « Grand Paris » les prérogatives et les moyens d’une véritable politique du logement (non seulement une politique de l’habitat, mais la possibilité de constituer des réserves foncières pour le logement social y compris contre l’avis des communes, notamment des communes UMP de l’Ouest, et la capacité de construire directement des logements) ?
A moins que l’argument de la péréquation sociale ne soit valable pour torpiller les départements (3 sur quatre à gauche), mais pas assez pour déranger certains édiles bourgeois…
3 – Si le but est de répondre à la nécessité de mettre le citoyen métropolitain aux commandes de l’avenir du « Grand Paris », ce que doit permettre l’institution d’une collectivité territoriale métropolitaine au pouvoir élu, alors pourquoi imaginer un mode de scrutin tellement éloigné des citoyens, tellement déterritorialisé ?
A moins que l’argument de la démocratie ne vaille qu’à condition qu’on ne s’en serve pas…
Dès lors, il apparaît que les intentions réelles du pouvoir son bien éloignées des buts que poursuivent les partisans sincères, dont je suis, du Grand Paris (modernisation, lutte contre la relégation urbaine et pour la mixité sociale, démocratisation et prise en main citoyenne de l’avenir métropolitain). Le pouvoir vise plutôt, à travers cette proposition :
- dans le pire des scénarios électoraux pour la droite, à déstabiliser la gauche parisienne et régionale en exacerbant et suscitant des rivalités entre une ville de Paris, un « Grand Paris », et une région île de France dirigés par la gauche
- et dans le meilleur des scénarios électoraux, à conquérir pour la droite l’une ou l’autre de ces institutions…
Georges SARRE
Je me présente
































Chavez, ce géant...