Georges SARRE
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Georges SARRE quitte ses missions exécutives dans l'émotionAllocution à la réception organisée en son honneur par Bertrand DELANOE.
Cher Bertrand, chers collègues, Mesdames, Messieurs, chers amis,
Merci, cher Bertrand, d’avoir organisé ce moment amical. Nous sommes dans le salon Georges Bertrand. C’est amusant. Georges, et Bertrand… Merci à toutes et tous d’être présents… Je salue tout particulièrement comme il se doit Monsieur le Préfet de Police, Monsieur le Recteur, Monsieur le Président de la MIVILUDES, Monsieur le Vice-Président de la Région Ile-de-France, Monsieur le Conseiller Délégué auprès du Président de la Région Ile-de-France, et tous les Élus. Pardon à celles et ceux que je n’aurais pas encore vus, ni donc cités. Je n’aime pas particulièrement les pots, comme on dit. Encore moins les pots de départ. Mais j’aurais été triste de ne pas vous dire au-revoir, non pas dans l’absolu, ni même en tant qu’élu, mais en tant qu’adjoint au Maire, en tant que ton adjoint, Bertrand. Selon Alfred de Musset, « il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée ». Et pourtant, la vie ressemble plutôt à une porte entr’ouverte. Rien n’est totalement impossible, mais rien n’est totalement acquis. Rien n’est vraiment inaccessible, mais rien n’est éternel. Rien n’est parfait, mais rien ne doit nous désespérer… Et bien, chers amis, pour les années qui viennent, en ce qui concerne ma vie politique, je ne serai pas non plus adepte de cette formule de Musset. Ou plutôt, si je ferme la porte de mes activités exécutives, après en avoir exercé presque sans discontinuer depuis mon entrée au gouvernement en 1988, j’ouvre grand la porte de mes activités délibératives et militantes ! Parce que, plus que jamais, je crois utile de défendre les principes de la République Sociale. Je voudrais à cet égard excuser l’absence de mon ami Jean-Pierre Chevènement, qui parcourt le monde, et cette fois l’Ethiopie, en patriote internationaliste qu’il a toujours été. Il m’a écrit, ainsi qu’à Bertrand Delanoë, pour nous dire qu’il est des nôtres par le cœur et la pensée. Pourquoi avais-je toujours attendu avec une certaine angoisse l’âge de mes 75 ans, comme une forme de carrefour dans ma vie ? Je ne le sais pas. Mais le carrefour est arrivé, inexorablement. Et je ne l’ai pas éludé. A ce carrefour, il n’y a pas eu d’accident, de carambolage. Il faut dire que je suis devenu un spécialiste des aménagements de sécurité dans les carrefours, pour avoir supprimé les carrefours points noirs en France lorsque j’étais au gouvernement ! Donc le carrefour de mes 75 ans n’a pas été un point noir ! Et ça ne sera pas non plus un giratoire, car je n’ai pas l’intention, vous l’avez compris, de tourner en rond ! J’ai pu faire le choix serein de m’alléger de l’action institutionnelle exécutive, pour redevenir pleinement le militant que je n’ai jamais cessé d’être, parce que telle est ma passion. Pour être aussi, davantage, un époux, un père, un grand-père. Et je suis heureux que, dans cette salle, mon épouse et mes petits enfants, m’entourent de leur amour. Je voudrais leur dire qu’avoir un époux, un père, un grand-père, qui se donne au bien public, c’est sans doute un peu difficile. Ils ont partagé mes idéaux, mes combats ; ils m’ont entouré, tout en faisant « leur bonhomme de chemin » à chacun, ce qui est heureux, et je leur dois beaucoup. Ne cherchez pas nos fils du regard aujourd’hui : l’aîné est en déplacement professionnel, et le cadet se remet d’un accident de santé douloureux, mais sans conséquence durable. Ce choix dont je vous parlais, je l’ai fait sereinement. Sereinement, parce que nous avons bien travaillé. Je ne reviendrai pas sur l’avant. Sur le XIe arrondissement. Il suffit de s’y promener et d’ouvrir les yeux pour voir comment nous l’avons transformé. Je dirai seulement, aujourd’hui, que nous avons bien travaillé ces trois dernières années. Nous avons bien travaillé, au service de la Sécurité des Parisiens. Nous avons bien travaillé grâce à Bertrand Delanoë. A la confiance qu’il m’a faite. A son esprit de responsabilité face aux enjeux de sécurité et de délinquance. La gauche victimaire compassionnelle a existé ; elle existe encore parfois. Il ne faut même pas gratter longtemps, souvent, pour la trouver ! Mais elle n’est pas à chercher du côté de Bertrand Delanoë, qui a toujours pris ses responsabilités pour faire valoir le droit républicain fondamental qui est celui de vivre en sécurité. Nous avons bien travaillé grâce à nos partenaires. Bien sûr, je suis un élu de gauche, résolument, et nos partenaires de l’Etat, quant à eux, dans la période, répondent de leurs actions devant un gouvernement de droite… Mais nous avons su tricoter ensemble une coproduction républicaine de sécurité, avec pour seul objectif l’intérêt général, et pour fil rouge l’idéal de citoyenneté. Nous avons bien sûr bâti cet édifice avec nos partenaires associatifs, chacun dans son rôle, chacun avec sa culture, mais tous transcendés par l’ambition du bien public. Il faudra d’ailleurs aller plus loin, et j’espère que toutes et tous auront le courage de mettre en œuvre le suivi individualisé des jeunes, sans lequel l’action publique ressemble parfois plus à de la phénoménologie in vitro qu’à la main tendue, in vivo, dont ont besoin ces gamins qui basculent… Nous avons bien travaillé, grâce aux agents municipaux. Ceux du Conseil. Les agents municipaux de la PP aussi. Ceux de la DPP. A travers leur directrice actuelle, Marie Lajus, et l’encadrement de la DPP, je voudrais remercier tous les agents, qui travaillent dans des conditions pas toujours faciles, et qui font œuvre utile. Je voudrais aussi citer Thierry Le Lay, qui était le directeur de la DPP lorsque je suis arrivé, et qui m’a beaucoup appris, ainsi qu’à mon équipe, sur les arcanes de l’action de sécurité et de prévention à Paris. Nous avons bien travaillé grâce à mon équipe. Et je voudrais tous les citer. En tous cas ceux de mon équipe actuelle ; mais je n’oublie pas tous ceux qui les ont précédés, et qui continuent à œuvrer pour Paris et pour la France, cadres privés, cadres publics… qui capitaine d’industrie, qui juge administratif, qui Maire ou parlementaire… En général, mes équipes ont fait un beau parcours ! Je vois ici quelques uns d’entre eux… Merci d’être là. Mon équipe actuelle, oui, a assumé avec rigueur et dévouement cette mission. Sophie et Isabelle, à la Préfecture de Police – et je vous remercie, Monsieur le Préfet de Police, de nous faciliter ainsi le travail, notamment d’appréhension des enjeux du budget spécial. Martine, si sérieuse et qui s’est si vite intégrée à la « petite famille » ! Céline, attentive, dévouée, efficace, indispensable pour tout dire… Patrick Attiach, qui connaît l’Hôtel de Ville comme sa poche, et qui trouve toutes sortes de moyens d’apporter de la bonne humeur dans la maison ! Julien, cultivé, dont j’apprécie l’esprit civique. Georges, l’autre, un jeune Français, une jeune recrue ! Nous, les Georges, nous savons que « la jeunesse n’a pas d’âge », comme disait Pablo Picasso… Pascal Weil, juriste et technicien confirmé de la prévention et de la sécurité, qui a assumé sereinement sa mission. Constance Devrue, que dis-je, Constance Devrue-Fontvieille, Madame Devrue-Fontvieille, puisqu’elle a trouvé le temps de se marier, en dépit des heures de travail assidu, mais toujours dans la bonne humeur, qu’elle a données à notre action, et dont je la remercie chaleureusement. Elle est déjà partie sous le soleil de Toulouse. Et puis mon Directeur de Cabinet, Patrick Trannoy, qui m’en voudrait de lui faire des compliments ici. Il m’a recommandé vivement de lui appliquer la sage maxime de Philippe Lamy, qu’il tient je crois de Pierre Joxe : « le Cabinet n’existe pas, on ne doit parler que de l’élu ». Et bien justement, ce que je souhaite de tout cœur, c’est qu’il passe vite d’un statut à l’autre, et qu’il assume, un jour, bientôt, des responsabilités comme celles que je quitte aujourd’hui. Chers collègues, chers amis, la politique est une folle maîtresse. Une folle maîtresse dont on ne se lasse jamais. Quand elle vous satisfait, l’addiction se renforce. Quand elle vous éconduit, on redouble d’efforts pour la conquérir davatange. J’ai connu des succès, des échecs – notamment en 2002. Il est parfois des logiques de situation qui conduisent à la cassure. Heureusement, la vie est aussi cette magicienne cicatrisante qui permet, avec de la volonté, de marcher devant. Le combat politique est une chose, il est parfois rude. Je n’en veux à personne, avec qui je me sois heurté sur le terrain de l’action politique. Je voudrais dire, par exemple, à Patrick Bloche, que son activité militante de longue date, son expérience parlementaire et de Conseiller de Paris, de premier adjoint aussi, de 1995 à 2001, dans le XIe, lui donnaient une légitimité pour être le Maire d’arrondissement qu’il est aujourd’hui. Personne n’est propriétaire d’un mandat politique, pas moi plus que quiconque. L’essentiel est d’œuvrer pour les grandes causes et d’agir pour ceux qui souffrent, qui peinent. A l’instar de Voltaire je vous dirais simplement « j’ai fait un peu de bien, c’est mon meilleur ouvrage »… La France dans laquelle nous vivons ne saurait être, pour moi, le théâtre d’états d’âme égotiques. Cette France qui ne fait plus France, cette France atomisée, où la ploutocratie de la rente financière écrase les travailleurs, cette France parfois communautarisée, où la laïcité est dangereusement fissurée, cette France dont les usines sont trop souvent des friches et les champs des jachères, cette France dont l’Ecole a trop souvent capitulé… Non, décidément, il n’est pas temps de se regarder le nombril. Pas temps d’écrire le mot fin à l’histoire de notre combat politique, puisque nous ne voulons pas écrire le mot fin à l’histoire de la France, républicaine, laïque, sociale. Alors mes chers amis, et pour beaucoup mes chers camarades, continuons, et continuez, à vous engager. A vous dépasser. Comme le disait Jaurès dans son discours à la jeunesse : « qu’importe que le temps nous retire notre force peu à peu, s’il l’utilise obscurément pour des œuvres vastes en qui survit quelque chose de nous. (…) L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir. » Je vous remercie. Lundi 20 Décembre 2010
Equipe georges-sarre.net
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