Conseil de Paris des 6 et 7 avril
Monsieur le Maire, Chers collègue,
La crise que nous traversons peut s’avérer demain la transition entre le vieux et le neuf, c’est-à-dire entre le capitalisme financier mondialisé, et un nouveau modèle économique, social et environnemental plus favorable à l’émancipation individuelle et à la fraternité. Mais la crise rime surtout, aujourd’hui, et sans doute pour longtemps, avec chômage de masse, délocalisations et fermetures d’entreprises, disparition de certains savoir faire, blocage des salaires… A Paris, le chômage remonte aux environs de 8%, et il n’est pas excessivement pessimiste d’entrevoir, avec une crise qui dure, un chômage à deux chiffres en 2010.
Pour anticiper et favoriser l’émergence d’un modèle nouveau, comme pour endiguer les conséquences économiques et sociales dévastatrices de la crise en cours, les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités à tous les échelons et se saisir de tous leurs leviers.
Celui des achats publics n’est pas négligeable : les marchés de travaux, de fourniture, et de service de notre collectivité, d’une valeur qui dépasse 1 Milliard 200 Millions d’Euros chaque année, nous donnent des responsabilités à l’égard des travailleurs parties à notre contrat social et à l’égard de notre environnement.
C’est dans ce contexte qu’est créée la Direction des Achats. Une heureuse initiative, que nous saluons. Pour les élus républicains de gauche du MRC, il ne saurait s’agir seulement d’optimiser le coût des achats, mais bien aussi d’améliorer le pilotage de cette politique économique à part entière.
Nous souhaitons donc savoir, Monsieur le Maire, quelles sont les ambitions que notre collectivité poursuit, dans l’intérêt de Paris et de la France, sur fond de crise, à travers sa politique d’achats.
Cette politique est contrainte, « concurrence libre et non faussée » oblige, par les règles européennes et nationales codifiées dans le code des marchés publics et le code général des collectivités territoriales. Nous voulons donc aussi faire savoir ce qui fait ainsi obstacle à une pleine efficience de nos politiques d’achats sur le progrès économique, social et environnemental auquel nous aspirons. Je vous remercie./