Blog de Georges SARRE, ancien Ministre, Conseiller de Paris et du XIe.

En route vers les nouveaux contrats de sécurité d'arrondissement

Georges SARRE a réuni, le 5 mars 2009, les maires des 20 arrondissements de Paris ou leurs représentants pour décliner le contrat parisien de sécurité sur le territoire de Paris. Voici ci-après son allocution.




"Chers collègues,

Merci à toutes et à tous d’être venus à ce quatrième rendez-vous depuis le début de la mandature, qui a une résonance singulière.

J’ai tenu à vous réunir cette semaine car le Maire de Paris vient de signer avant hier le contrat parisien de sécurité avec le préfet de police, le préfet de Paris, le procureur de la République et le recteur.

I/ Vous en prendrez connaissance de manière exhaustive. Aujourd’hui, je souhaite vous faire connaître ma conception de ce contrat et vous engager à nouveau à réactualiser vos contrats d’arrondissement en vous y référant.

Comme vous le savez, le contrat parisien est le fruit d’une réflexion approfondie que nous avons engagée avec nos partenaires afin de redéfinir les priorités et les objectifs des actions pour réduire l’insécurité à Paris.

Il organise notre stratégie d’action partenariale en identifiant des méthodes et des moyens pour la mettre en œuvre. Il comporte 15 fiches - actions destinées à réduire l’insécurité et le sentiment d’insécurité. L’apprentissage de la Citoyenneté sera le socle de nos actions.

Il prévoit des actions opérationnelles propres à chaque institution et partenaire face à l’ensemble des phénomènes d’insécurité, en particulier ceux qui s’aggravent, je pense aux violences contre les personnes – surtout aux violences non crapuleuses -, à la délinquance des mineurs, aux trafics de stupéfiants, et au phénomène des bandes, dont le niveau et l’ampleur me préoccupent tout particulièrement.

C’est pourquoi concrètement, un groupe de travail au niveau parisien, tourné vers l’action, se mettra en place dans les 15 prochains jours sur le phénomène des bandes (fiche – action 5). Vous serez amenés à y contribuer activement, notamment en élaborant des tableaux de bord qui participeront à mieux identifier le phénomène et donc à le prévenir.

C’est tout l’intérêt du contrat que de promouvoir des méthodes d’analyse, de travail et d’actions nouvelles. Notre action résolue contre les bandes en est l’illustration.

II/ Surtout, le contrat est un point de départ à des coopérations renouvelées entre les services de l’État, notre collectivité, les associations.

À cet égard, nous pouvons nous réjouir des engagements pris par le recteur dans le contrat, pour agir de manière partenariale contre l’insécurité dans et aux abords des établissements scolaires et pour participer pleinement à la prévention de l’absentéisme et des violences scolaires.

Le travail que nous menons en bonne intelligence avec le préfet de police, le procureur de la République et le recteur vous permettra d’avoir des relations plus directes et plus fréquentes avec leurs représentants dans vos arrondissements.

Ce qui est donc valable à l’échelle de Paris le sera à l’échelle de vos arrondissements.

Dans vos arrondissements, le contrat parisien de sécurité doit être un levier permettant de dynamiser le partenariat avec vos partenaires.

Je vous demande donc solennellement d’impulser et de piloter des actions de prévention dans vos arrondissements. Je vous demande d’animer, d’approfondir durablement le partenariat à l’échelle de l’arrondissement.

Il faut le faire vivre au quotidien. Pour ma part, je continuerai à m’y employer au niveau parisien.

Personne ne peut croire aujourd’hui que la déclinaison du contrat parisien dans les arrondissements ne constitue pas un impératif. Nos actions doivent être individualisées, s’inscrire dans la durée et territorialisées.

Il faut localiser nos actions car aucun arrondissement de Paris n’est épargné par quelque type de violence que ce soit.
Le bilan statistique de la préfecture de police nous le montre bien. Il existe bel et bien une délinquance « interne » c'est-à-dire commise par des individus dans l’arrondissement dans lequel ils habitent. Il y a également une délinquance commise par des habitants d’autres arrondissements.

Par conséquent, les actes de délinquance à Paris ne sont pas uniquement le fait de franciliens ou autres individus n’habitant pas Paris.

C’est la raison pour laquelle, nous devons poursuivre notre travail de prévention.

J’insiste donc pour que chaque maire d’arrondissement prenne pleinement la mesure des problématiques d’insécurité qui touchent ses concitoyens, et en tire les conséquences dans un esprit responsable et constructif. La première des conséquences, c’est d’élaborer et signer un contrat de sécurité d’arrondissement.

III/ Comment agir : privilégier la citoyenneté comme axe de la prévention de la délinquance

L’éducation à la citoyenneté sera l’axe privilégié du contrat parisien pour prévenir la délinquance. Elle sera le fil rouge et le socle de toutes les actions préventives mises en œuvre à Paris.

L’éducation à la citoyenneté et l’appropriation de la règle devront être largement enseignées, inculquées, promues et pour cela intégrées dans vos contrats d’arrondissement.

D’ores et déjà, j’ai voulu que la citoyenneté soit le fil rouge des opérations Ville Vie Vacances. C’est un infléchissement qui prendra du temps, mais dès maintenant, je veillerai à ce que des crédits soient débloqués prioritairement pour des projets VVV qui prennent en compte ces enjeux, à travers, notamment, la visite des lieux de mémoire. Je souhaite aussi que l’opération VVV soit déployée avec équité sur l’ensemble du territoire parisien. J’ai écrit à tous les Maires d’arrondissement pour leur demander de susciter des projets dans le tissu associatif de leur arrondissement ; j’attends vos réponses avant la fin du mois, date au-delà de laquelle nous ne pourrons retenir les projets printaniers et estivaux qui constituent l’essentiel de cette action.

Plus globalement, et pour en revenir aux contrats stricto sensu, les problématiques locales devront trouver une réponse dans vos contrats dont je vous rappelle qu’ils devront être signés en juin.
Parmi les enjeux locaux, la présence des personnes sans domicile fixe apparaît en augmentation et apparaît malheureusement avec plus d’acuité dans l’espace public.

Même si, dans certains lieux, des SDF causent des nuisances ou occupent l’espace public de façon à gêner la tranquillité publique, ce qui peut être abordé sous l’angle de fiche-actions relatives à l’alcoolisme, ou encore à la tranquillité sur la voie publique, leur situation relève aussi et avant tout d’une prise en charge sociale à laquelle l’État doit faire face en créant les conditions d’accueil adaptées.
C’est pourquoi, je vous demande de ne pas élaborer de fiche action sécurité – prévention sur ce sujet : une telle approche serait de nature à occulter le traitement social à rechercher et privilégier. Vous pourrez donc plus utilement aborder cet aspect sous l’angle conjoint de la sécurité et du traitement social, en annexe de vos contrats de sécurité.

À travers cet exemple, nous mesurons toute la complexité de notre action publique et le défi qui nous est lancé. L’humilité que nous inspire cette tâche, dans un contexte de plus en plus rude, n’empêche pas, au contraire, la détermination. Je sais pouvoir compter sur la vôtre comme vous pouvez toujours compter sur la mienne, et sur celle de mon équipe et de la DPP. Nous sommes, et nous serons, toujours, à vos côtés.

Je vous remercie."

Jeudi 5 Mars 2009
Emmanuelle PIREYRE

Au Conseil de Paris | Pour la sécurité des Parisiens


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La France est en péril... Son industrie, ses emplois, ses services publics, sa langue, l'égalité des chances et des conditions, et finalement toute idée d'intérêt général et tout lien social : voilà qui est mis à mal par l'oligarchie qui nous gouverne, à Paris, à Bruxelles, à Washington... et à Pékin.