"Parents, amis, proches des victimes, Mesdames, Messieurs, membres de l’association française des victimes du terrorisme,
Rendre hommage aujourd’hui aux victimes de l’attentat terroriste du 19 septembre 1989 ainsi qu’à leur famille, est notre devoir de citoyens et mon devoir d’élu, et de représentant du Maire de Paris, Monsieur Bertrand DELANOE.
Le 19 septembre 1989, le fléau du terrorisme est venu frapper 170 personnes innocentes de 18 nationalités, dont 54 français.
L’écrivain Albert Camus disait « Quelle que soit la cause que l’on défend, elle restera toujours déshonorée par le massacre aveugle d’une foule innocente ».
Et qu’il s’agisse d’une « foule », ou d’une seule victime, la pensée de Camus est juste et forte : chaque victime est une victime de trop, un martyre.
En l’espèce d’ailleurs, on ne peut même pas parler de « cause défendue ».
La lutte contre le terrorisme est donc une priorité publique.
Mais cet enjeu pour notre peuple est aussi, et d’abord, une réalité douloureuse pour des femmes, des hommes et des enfants et je veux donc m’adresser directement à vous : proches des victimes :
- les jours, les années passent et je sais que pour vous, parents, amis des personnes disparues, il a fallu reprendre le cours de la vie et, dans le même temps, ne rien oublier.
Serait-il possible, au reste, d’oublier la douleur, la perte, l’absence l’injustice, la colère… ? Avec vous, nous n’oublions pas. Et les hommages rendus vous prouvent combien nous sommes solidaires de votre douleur: parce que nous sommes tous vulnérables face au terrorisme.
Tous vulnérables, oui, car l’essence de l’action terroriste est de frapper au hasard, partout. Le terrorisme est aveugle. Les cibles indéterminées. Il constitue une menace latente à la sécurité et aux valeurs des Etats démocratiques et aux droits et libertés de tous les citoyens.
C’est pourquoi je tiens à réaffirmer aujourd’hui, au nom du Maire de Paris, Monsieur Bertrand DELANOE ainsi qu’en mon nom propre, notre solidarité et notre soutien envers toutes les familles et proches des personnes disparues ou blessées.
Je voudrais dire enfin, que le respect dû aux victimes du terrorisme, nous amène à veiller aussi à ce que leur mort injuste ne soit pas instrumentalisée.
On peut être tenté de répondre au terrorisme par la guerre, quand bien même cette réponse est rarement efficace.
On peut être tenté d’accréditer l’idée fausse et dangereuse d’un « choc des civilisations ».
On peut être tenté d’entrer dans le cercle pervers de la violence et de la haine. Mais ce serait en quelque sorte donner satisfaction aux terroristes.
Je suis fier au contraire que la France, grâce à sa tradition républicaine, ait toujours choisi, face au terrorisme, une intransigeance totale et responsable à la fois.
Il n’existe pas de solution miracle. Mais dans le combat à mener, il me semble que faire vivre le progrès et l’instruction ainsi qu’améliorer les conditions de vie de nombreux peuples sont des enjeux majeurs.
Mesdames et Messieurs, je rends hommage aux victimes de ces actes terroristes monstrueux : violents et lâches. Je rends hommages à ceux qui sont partis, à ceux qui ont souffert mais également à ceux qui souffrent, à ceux qui restent et qui poursuive l’aventure de la vie.
Votre histoire douloureuse de victimes du terrorisme a changé le cours de vos vies. Victimes, vous êtes aussi porteuses d’une solidarité avec ceux qui souffrent, d’une capacité de dialogue accrue, d’un message de reconstruction, d’un idéal de paix. Un idéal national et universel.
Je voudrais maintenant saluer nos amis de Brazzaville au Congo et de N’Djamena au Tchad, qui se joignent à nos pensées en ce jour de commémoration internationale, en ce moment même.
Je vous propose à présent une minute de silence."/