Chers camarades,
Nous ouvrons cette réunion dans un contexte des plus difficiles. La période de grave instabilité économique qui s'est ouverte en 2008 est loin d'être close. Les mesures correctrices annoncées à son de trompe brillent par leur insuffisance. Les banques responsables de la crise ont réussi à en faire payer le prix par les Etats. Ceux-ci en font retomber la charge sur les populations, de plus en plus récalcitrantes: voyez les récentes manifestations en Grande-Bretagne.
S'y ajoute maintenant l'instabilité politique, grosse de tous les dangers, dans les pays arabes, las de végéter misérablement sous des dictatures policières corrompues.
Chez nous, la morosité est générale. Des sondages nous apprennent que les Français voient leur avenir sous des couleurs plus sombres que les Irakiens et les Afghans. C'est à peine s'ils réussissent à tromper leur mélancolie en faisant un peu plus d'enfants que leurs voisins.
La réforme des retraites a montré au grand jour la vraie nature des prétendues réformes prônées et mises en oeuvre par la droite: elles consistent à faire payer aux plus nombreux et aux moins favorisés le prix des changements, nécessaires ou non, en épargnant soigneusement les profiteurs.
Et pour le cas où certains n'auraient pas compris, il y a eu en plus l'affaire Woerth-Bettencourt pour illustrer lumineusement les avantages du bouclier fiscal pour les très grandes fortunes et la dégoutante promiscuité entre le pouvoir de la droite et les puissances d'argent.
Alors, les Françaises et les Français en ont ras-le-bol. Ras-le-bol de voir monter le chômage et la précarité. Ras-le-bol de voir le pouvoir d'achat s'amenuiser sans cesse. Ras-le-bol de voir la dégradation incessante des services publics. Les usagers de la SNCF font la grève des paiements. Les CRS font la grève de la faim. Les magistrats font la grève des audiences. La réforme des retraites fait descendre dans la rue des millions de Françaises et de Français. Le changement est urgent.
Mais quel changement et comment? Les perspectives restent confuses et incertaines.
Après les élections cantonales qui produiront moins encore de bouleversements que les régionales, on entrera de plain pied dans la campagne des présidentielles. Sarkozy est d'ores et déjà candidat à sa succession, alors même que sa crédibilité est presque nulle. Lors de sa première candidature, il proclamait la main sur le coeur que contrairement à ses prédécesseurs qui tous avaient trompé les électeurs, lui ne leur mentirait pas et ne les tromperait pas. Chacun peut voir aujourd'hui ce qu'il en est des promesses de celui qui se présentait comme le président du pouvoir d'achat, qui annonçait une France à zéro SDF et la République irréprochable.
Chacun peut voir ce qu'il en est de son efficacité : tu causes, tu causes et c'est tout ce que tu sais faire. Sa méthode est toujours et encore de vibrionner en courant après l'évènement. Chaque fois qu'un fait divers dramatique émeut les foules, il est sur la brèche, avec à chaque fois le même scénario: une tête de circonstance, un discours compassionnel, une désignation à l'aveuglette de boucs émissaires et l'annonce d'une nouvelle loi qui ne sera pas plus appliquée que les précédentes, les précédentes qui auraient souvent suffi à éviter la catastrophe si elles-mêmes en leur temps avaient été correctement appliquées. La loi inutile est le remède unique applicable à tous les maux. C'est la médecine selon Molière. C'est ce qu'on appelle le comique de répétition: « Clysterium donare, postea seignare, ensuitta purgare ». L' incontinence législative de Sarkozy n'est même plus supportée par ses propres féaux de l'UMP, qui ont renaclé devant l'annonce d'une loi de plus, à la suite du meurtre de cette malheureuse jeune fille, par un récidiviste, en Loire Atlantique. Quant aux boucs émissaires, ce sont cette fois-ci toute la magistrature, plus la police. On n'a pas fini d'en reparler.
Devant la montée des oppositions, Sarkozy est contraint de renoncer à certains des projets qui lui tiennent le plus à coeur. Il voulait par la suppression des juges d'instruction mettre la main sur la conduite des instructions pénales et mettre à l'abri de la jutice répressive les amis du pouvoir et le pouvoir lui-même. C'est manqué. Au contraire, c'est la soumission du Parquet au pouvoir qui se trouve maintenant sur la sellette et pose la question de son statut. C'est l'arroseur arrosé.
Le peu de réformes qui sont encore prévues d'ici à la fin du quinquennat se ramène pour l'essentiel à l'achèvement de la réforme des collectivités locales, lourde de conséquences nuisibles, ainsi qu'à l'introduction de jurés populaires dans les tribunaux correctionnels, mesure démagogique qui, si elle entre en vigueur, compliquera inutilement l'administration de la justice sans en améliorer le fonctionnement.
Ses gesticulations médiatiques elles-mêmes se retournent contre Sarkozy. En s'attaquant aux Roms, il pensait ne prendre aucun risque, car ils sont sans défense, et reconquérir la partie de son électorat qui dérive à toute vitesse vers le Front National. Voyant qu'il ne réussissait qu'à indisposer fortement les moins racistes de ses électeurs, il a dû rapidement mettre les pouces et passer à autre chose.
Le total discrédit sans lequel est tombé notre génial président a éclaté récemment à l'occasion de sa conférence de presse. Il croyait pouvoir se faire un piédestal de la présidence française du G 20 et redresser son image désastreusement dégradée. Fiasco total; comptes-rendus relégués en pages intérieures des journaux; au delà de la communication officielle, l'opinion n'a retenu qu'une chose: le refus de Sarkozy de s'engager sur d'autres terrains que celui qu'il avait soigneusement déblayé à l'avance et de répondre à des interlocuteurs avertis, comme le faisaient ses prédécesseurs, sur l'ensemble de son action: refus bien significatif de la faiblesse et de la grande fragilité du personnage.
Dans une telle situation, on en arrive à se demander si Sarkozy pourra finalement être candidat et si la droite ne finira pas par trouver plus avantageux de se chercher un champion plus présentable et moins impopulaire. On se demande aussi si une telle impopularité ne le conduit pas en cas de candidature à un échec certain.
En réalité, si bas que soit tombé Sarkozy, nul ne peut, hélas, exclure l'éventualité de sa réélection. Il a encore deux atouts.
Le premier est le contrôle qu'il exerce toujours sur l'ensemble du personnel politique de la droite et du centre. Il est vrai que les nombreuses familles du centre droit sont bien embarrassées. Leur faut-il soutenir Sarkozy dès le premier tour au risque de voir l'électorat centriste se démobiliser ou glisser vers d'autres candidats et de laisser le président sortant sans réserves de voix pour le second tour? Ou en présentant un candidat centriste sérieux au premier tour, faut-il prendre le risque de réduire le score de Sarkozy à tel point qu'il se trouverait exclu du second tour? C'est le spectre d'un 21 avril 2002 à l'envers. Là se trouve tout l'enjeu d'une éventuelle candidature centriste. Mais mis à part Villepin, marginalisé, et Bayrou probablement candidat en toute hypothèse, mais assez décrédibilisé, soyons sûrs que les centristes de l'actuelle majorité, malgré les mauvais tours qui leur ont été joués lors du dernier remaniement ministériel, n'entreprendront rien de dommageable aux intérêts de celui qui est toujours leur patron. Les instituts de sondage ne vont pas manquer de travail pour aider à trouver la moins mauvaise solution.
Le second atout de Sarkozy, c'est évidemment son opposition. Non pas sans doute qu'elle ait commis récemment d' erreurs majeures. Il faut au contraire saluer le travail sérieux effectué ces derniers temps par Martine Aubry pour mettre sa formation en ordre de bataille. Mais le passif est si lourd, le courant si dur à remonter. La désaffection et la méfiance de l'électorat populaire sont si fortes. Le
peuple n'a pas pardonné au parti socialiste ses palinodies de 1983, quand il a fait
allégeance à l'orthodoxie ultra-libérale, ses palinodies des années Jospin, quand il s'est fortement engagé dans la catastrophique politique de privatisation des services publics,. Il ne lui a pas pardonné le oui que majoritairement il a apporté au traité d'Amsterdam, alors que les Français désavouaient leurs prétendues élites et rejetaient à une large majorité l'Europe ultra-libérale qu'elles prétendaient lui imposer. Le peuple pardonnera-t'il au Parti Socialiste d'avoir encore, tout récemment, refusé d'empêcher le déni de démocratie commis par Sarkozy lorsque celui-ci a fait accepter par voie parlementaire, au Congrès réuni à Versailles ce que le peuple avait précédemment rejeté par référendum ?
Pour que le Parti Socialiste, et avec lui la gauche de gouvernement, retrouve la confiance du peuple, il ne suffira pas d'un beau programme. Le peuple a cessé de croire aux programmes. Il faudra encore que ce parti donne des signes crédibles d'une rupture franche avec tout ce passé calamiteux. Ce n'est pas le cas pour l'instant.
Une autre faiblesse du Parti Socialiste, bien sûr, est la pluralité de ses candidats. Elle n'est pas un signe de richesse, mais souligne plutôt le fait qu'aucun d'entre eux ne s'impose absolument. Sans doute la situation se décantera t'elle lorsque celui d'entre eux qui est pour l'instant la coqueluche des sondages et des tenants de la pensée unique aura fini de voir sa cote s'effriter à force de jouer les arlésiennes.
Une troisième et sérieuse difficulté tient à l'inévitable candidature écologiste. Trop dynamique, cette candidature risquerait d'affaiblir la candidature socialiste au point de l'écarter du second tour; trop faible, elle abandonnerait à la droite et au centre-droit un espace politique qui pourra être la clé second tour.
Le temps presse. Car si la gauche ne réussit pas rapidement à retrouver l'appui populaire, un boulevard va s'ouvrir devant le Front National. Les abstentions seront massives. La nouvelle dirigeante du FN prétend maintenant défendre les couches populaires, les services publics et l'intervention de l'Etat. Son look et son style sont sans conteste plus engageants que ceux de son prédécesseur. Craignons qu'elle ne fasse un malheur ; le peuple, une fois de plus en ferait les frais. L'histoire des
mouvements d'extrême-droite démontre que chaque fois que l'un d'antre eux s'est renforcé au point de s'approcher du pouvoir, il a opéré sa jonction avec les puissances d'argent, avec la brutalité en plus, au détriment du peuple.
Tout va se jouer dans les seize mois qui viennent. Notre mouvement est fort de ses analyses passées, que les faits ont confirmées. Il est fort de ses propositions, du programme de salut public adopté par notre dernier congrès. Il est fort enfin de l'activité inlassable et de l'autorité personnelle de notre président d'honneur, Jean-Pierre Chevènement. La parution récente de son dernier livre, ses apparitions dans les média ont été de grands succès. Elles ont confirmé le respect dont il est entouré et l'attention dont bénéficient ses analyses, qui sont aussi celles de notre mouvement.
Nous le savons, le chemin du redressement, de la renaissance française, passe par le rétablissement de la République, le retour aux valeurs du Conseil National de la Résistance. Il faut aux élections présidentielles porter haut l'étendard de la République. Autour de Jean-Pierre Chevènement,du mieux qui sera possible, nous sommes résolus à le faire.
Nous ouvrons cette réunion dans un contexte des plus difficiles. La période de grave instabilité économique qui s'est ouverte en 2008 est loin d'être close. Les mesures correctrices annoncées à son de trompe brillent par leur insuffisance. Les banques responsables de la crise ont réussi à en faire payer le prix par les Etats. Ceux-ci en font retomber la charge sur les populations, de plus en plus récalcitrantes: voyez les récentes manifestations en Grande-Bretagne.
S'y ajoute maintenant l'instabilité politique, grosse de tous les dangers, dans les pays arabes, las de végéter misérablement sous des dictatures policières corrompues.
Chez nous, la morosité est générale. Des sondages nous apprennent que les Français voient leur avenir sous des couleurs plus sombres que les Irakiens et les Afghans. C'est à peine s'ils réussissent à tromper leur mélancolie en faisant un peu plus d'enfants que leurs voisins.
La réforme des retraites a montré au grand jour la vraie nature des prétendues réformes prônées et mises en oeuvre par la droite: elles consistent à faire payer aux plus nombreux et aux moins favorisés le prix des changements, nécessaires ou non, en épargnant soigneusement les profiteurs.
Et pour le cas où certains n'auraient pas compris, il y a eu en plus l'affaire Woerth-Bettencourt pour illustrer lumineusement les avantages du bouclier fiscal pour les très grandes fortunes et la dégoutante promiscuité entre le pouvoir de la droite et les puissances d'argent.
Alors, les Françaises et les Français en ont ras-le-bol. Ras-le-bol de voir monter le chômage et la précarité. Ras-le-bol de voir le pouvoir d'achat s'amenuiser sans cesse. Ras-le-bol de voir la dégradation incessante des services publics. Les usagers de la SNCF font la grève des paiements. Les CRS font la grève de la faim. Les magistrats font la grève des audiences. La réforme des retraites fait descendre dans la rue des millions de Françaises et de Français. Le changement est urgent.
Mais quel changement et comment? Les perspectives restent confuses et incertaines.
Après les élections cantonales qui produiront moins encore de bouleversements que les régionales, on entrera de plain pied dans la campagne des présidentielles. Sarkozy est d'ores et déjà candidat à sa succession, alors même que sa crédibilité est presque nulle. Lors de sa première candidature, il proclamait la main sur le coeur que contrairement à ses prédécesseurs qui tous avaient trompé les électeurs, lui ne leur mentirait pas et ne les tromperait pas. Chacun peut voir aujourd'hui ce qu'il en est des promesses de celui qui se présentait comme le président du pouvoir d'achat, qui annonçait une France à zéro SDF et la République irréprochable.
Chacun peut voir ce qu'il en est de son efficacité : tu causes, tu causes et c'est tout ce que tu sais faire. Sa méthode est toujours et encore de vibrionner en courant après l'évènement. Chaque fois qu'un fait divers dramatique émeut les foules, il est sur la brèche, avec à chaque fois le même scénario: une tête de circonstance, un discours compassionnel, une désignation à l'aveuglette de boucs émissaires et l'annonce d'une nouvelle loi qui ne sera pas plus appliquée que les précédentes, les précédentes qui auraient souvent suffi à éviter la catastrophe si elles-mêmes en leur temps avaient été correctement appliquées. La loi inutile est le remède unique applicable à tous les maux. C'est la médecine selon Molière. C'est ce qu'on appelle le comique de répétition: « Clysterium donare, postea seignare, ensuitta purgare ». L' incontinence législative de Sarkozy n'est même plus supportée par ses propres féaux de l'UMP, qui ont renaclé devant l'annonce d'une loi de plus, à la suite du meurtre de cette malheureuse jeune fille, par un récidiviste, en Loire Atlantique. Quant aux boucs émissaires, ce sont cette fois-ci toute la magistrature, plus la police. On n'a pas fini d'en reparler.
Devant la montée des oppositions, Sarkozy est contraint de renoncer à certains des projets qui lui tiennent le plus à coeur. Il voulait par la suppression des juges d'instruction mettre la main sur la conduite des instructions pénales et mettre à l'abri de la jutice répressive les amis du pouvoir et le pouvoir lui-même. C'est manqué. Au contraire, c'est la soumission du Parquet au pouvoir qui se trouve maintenant sur la sellette et pose la question de son statut. C'est l'arroseur arrosé.
Le peu de réformes qui sont encore prévues d'ici à la fin du quinquennat se ramène pour l'essentiel à l'achèvement de la réforme des collectivités locales, lourde de conséquences nuisibles, ainsi qu'à l'introduction de jurés populaires dans les tribunaux correctionnels, mesure démagogique qui, si elle entre en vigueur, compliquera inutilement l'administration de la justice sans en améliorer le fonctionnement.
Ses gesticulations médiatiques elles-mêmes se retournent contre Sarkozy. En s'attaquant aux Roms, il pensait ne prendre aucun risque, car ils sont sans défense, et reconquérir la partie de son électorat qui dérive à toute vitesse vers le Front National. Voyant qu'il ne réussissait qu'à indisposer fortement les moins racistes de ses électeurs, il a dû rapidement mettre les pouces et passer à autre chose.
Le total discrédit sans lequel est tombé notre génial président a éclaté récemment à l'occasion de sa conférence de presse. Il croyait pouvoir se faire un piédestal de la présidence française du G 20 et redresser son image désastreusement dégradée. Fiasco total; comptes-rendus relégués en pages intérieures des journaux; au delà de la communication officielle, l'opinion n'a retenu qu'une chose: le refus de Sarkozy de s'engager sur d'autres terrains que celui qu'il avait soigneusement déblayé à l'avance et de répondre à des interlocuteurs avertis, comme le faisaient ses prédécesseurs, sur l'ensemble de son action: refus bien significatif de la faiblesse et de la grande fragilité du personnage.
Dans une telle situation, on en arrive à se demander si Sarkozy pourra finalement être candidat et si la droite ne finira pas par trouver plus avantageux de se chercher un champion plus présentable et moins impopulaire. On se demande aussi si une telle impopularité ne le conduit pas en cas de candidature à un échec certain.
En réalité, si bas que soit tombé Sarkozy, nul ne peut, hélas, exclure l'éventualité de sa réélection. Il a encore deux atouts.
Le premier est le contrôle qu'il exerce toujours sur l'ensemble du personnel politique de la droite et du centre. Il est vrai que les nombreuses familles du centre droit sont bien embarrassées. Leur faut-il soutenir Sarkozy dès le premier tour au risque de voir l'électorat centriste se démobiliser ou glisser vers d'autres candidats et de laisser le président sortant sans réserves de voix pour le second tour? Ou en présentant un candidat centriste sérieux au premier tour, faut-il prendre le risque de réduire le score de Sarkozy à tel point qu'il se trouverait exclu du second tour? C'est le spectre d'un 21 avril 2002 à l'envers. Là se trouve tout l'enjeu d'une éventuelle candidature centriste. Mais mis à part Villepin, marginalisé, et Bayrou probablement candidat en toute hypothèse, mais assez décrédibilisé, soyons sûrs que les centristes de l'actuelle majorité, malgré les mauvais tours qui leur ont été joués lors du dernier remaniement ministériel, n'entreprendront rien de dommageable aux intérêts de celui qui est toujours leur patron. Les instituts de sondage ne vont pas manquer de travail pour aider à trouver la moins mauvaise solution.
Le second atout de Sarkozy, c'est évidemment son opposition. Non pas sans doute qu'elle ait commis récemment d' erreurs majeures. Il faut au contraire saluer le travail sérieux effectué ces derniers temps par Martine Aubry pour mettre sa formation en ordre de bataille. Mais le passif est si lourd, le courant si dur à remonter. La désaffection et la méfiance de l'électorat populaire sont si fortes. Le
peuple n'a pas pardonné au parti socialiste ses palinodies de 1983, quand il a fait
allégeance à l'orthodoxie ultra-libérale, ses palinodies des années Jospin, quand il s'est fortement engagé dans la catastrophique politique de privatisation des services publics,. Il ne lui a pas pardonné le oui que majoritairement il a apporté au traité d'Amsterdam, alors que les Français désavouaient leurs prétendues élites et rejetaient à une large majorité l'Europe ultra-libérale qu'elles prétendaient lui imposer. Le peuple pardonnera-t'il au Parti Socialiste d'avoir encore, tout récemment, refusé d'empêcher le déni de démocratie commis par Sarkozy lorsque celui-ci a fait accepter par voie parlementaire, au Congrès réuni à Versailles ce que le peuple avait précédemment rejeté par référendum ?
Pour que le Parti Socialiste, et avec lui la gauche de gouvernement, retrouve la confiance du peuple, il ne suffira pas d'un beau programme. Le peuple a cessé de croire aux programmes. Il faudra encore que ce parti donne des signes crédibles d'une rupture franche avec tout ce passé calamiteux. Ce n'est pas le cas pour l'instant.
Une autre faiblesse du Parti Socialiste, bien sûr, est la pluralité de ses candidats. Elle n'est pas un signe de richesse, mais souligne plutôt le fait qu'aucun d'entre eux ne s'impose absolument. Sans doute la situation se décantera t'elle lorsque celui d'entre eux qui est pour l'instant la coqueluche des sondages et des tenants de la pensée unique aura fini de voir sa cote s'effriter à force de jouer les arlésiennes.
Une troisième et sérieuse difficulté tient à l'inévitable candidature écologiste. Trop dynamique, cette candidature risquerait d'affaiblir la candidature socialiste au point de l'écarter du second tour; trop faible, elle abandonnerait à la droite et au centre-droit un espace politique qui pourra être la clé second tour.
Le temps presse. Car si la gauche ne réussit pas rapidement à retrouver l'appui populaire, un boulevard va s'ouvrir devant le Front National. Les abstentions seront massives. La nouvelle dirigeante du FN prétend maintenant défendre les couches populaires, les services publics et l'intervention de l'Etat. Son look et son style sont sans conteste plus engageants que ceux de son prédécesseur. Craignons qu'elle ne fasse un malheur ; le peuple, une fois de plus en ferait les frais. L'histoire des
mouvements d'extrême-droite démontre que chaque fois que l'un d'antre eux s'est renforcé au point de s'approcher du pouvoir, il a opéré sa jonction avec les puissances d'argent, avec la brutalité en plus, au détriment du peuple.
Tout va se jouer dans les seize mois qui viennent. Notre mouvement est fort de ses analyses passées, que les faits ont confirmées. Il est fort de ses propositions, du programme de salut public adopté par notre dernier congrès. Il est fort enfin de l'activité inlassable et de l'autorité personnelle de notre président d'honneur, Jean-Pierre Chevènement. La parution récente de son dernier livre, ses apparitions dans les média ont été de grands succès. Elles ont confirmé le respect dont il est entouré et l'attention dont bénéficient ses analyses, qui sont aussi celles de notre mouvement.
Nous le savons, le chemin du redressement, de la renaissance française, passe par le rétablissement de la République, le retour aux valeurs du Conseil National de la Résistance. Il faut aux élections présidentielles porter haut l'étendard de la République. Autour de Jean-Pierre Chevènement,du mieux qui sera possible, nous sommes résolus à le faire.
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