Appels aux Pompiers pour secours à victimes : chacun doit prendre ses responsabilités !

La Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris ne peut plus faire face, dans des délais raisonnables et des conditions de fatigue acceptables, à des appels de plus en plus nombreux. Les usagers doivent être responsabilisés, mais les pouvoirs publics, notamment l'Etat, doivent aussi assumer leur part de responsabilité. Prenez ci-après connaissance des travaux du Conseil de Paris à ce sujet.



Ecoutez aussi l'interview de Georges SARRE à RTL, le 1er octobre 2008, en cliquant ici.

Voeu adopté à l'unanimité par le Conseil de Paris le 30 septembre 2008

Appels aux Pompiers pour secours à victimes : chacun doit prendre ses responsabilités !
Vœu déposé par Georges SARRE au nom de l’exécutif municipal parisien, relatif à l’avenir du secours d’urgence à victime à Paris

Considérant que la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris reçoit aujourd’hui un nombre jamais atteint d’appels d’urgence (1,3 million d’appels en 2007, soit 460084 interventions, et 317106 victimes secourues) ;

Considérant que, parmi ces appels, un certain nombre d’appels abusifs contribuent à une crise du secours à victime ; considérant que les moyens et véhicules d’interventions pour secours à victimes mobilisés pour des motifs non urgents risquent de faire défaut à des interventions nécessaire pour répondre dans un temps très court à de véritables situations d’urgence ; considérant dès lors qu’il est nécessaire d’agir pour en diminuer significativement l’importance ;

Considérant qu’il faut donc responsabiliser les Parisiens et le cas échéant facturer les déplacements des pompiers consécutifs à des appels abusifs ;

Considérant par ailleurs que l’engorgement des services d’urgence des hôpitaux et la sous utilisation des services de la médecine de ville entraînent eux aussi un nombre croissant d’interventions non justifiées des pompiers ;

Considérant enfin que le traitement de l’urgence sociale et la coordination de l’ensemble des services de secours d’urgence et des associations de secouristes (Protection civile, Croix Rouge etc.) doivent être organisés pour garantir la qualité du service public d’urgence qu’assure la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris ;

Sur proposition de l’exécutif, le Conseil de Paris émet le vœu :

- que la ville de Paris et les municipalités d’arrondissement s’associent à la campagne de sensibilisation et d’information que la préfecture de police lancera prochainement, campagne qui incitera les Parisiens à composer le numéro des pompiers uniquement en cas d’urgence ;

- que le Préfet de police indique au Conseil de Paris par quelles modalités il compte mettre en place un système de facturation des interventions dont l’urgence n’est pas avérée dès lors qu’elle est constatée par les pompiers après leur intervention ;

- que le Préfet de police organise une concertation avec l’ensemble des acteurs du secours à victimes en vue d’établir un plan d’actions global visant à assurer la qualité du service public de secours d’urgence ;

- que dans ce cadre, soient mobilisés les services de l’État pour organiser le traitement de l’urgence sociale et la prise en charge des SDF de manière à décharger les pompiers de ces interventions ;

- que soient mobilisés des crédits de l’État et des moyens matériels pour maintenir un service public de secours de qualité ; qu’à ce titre, le Préfet de Police formule des propositions concrètes pour la mise en place d’une véritable plate forme d’appel vers le 112 – numéro d’appel unique des urgences sécuritaires, de secours aux personnes, et médicales – dans le but d’améliorer le tri des appels et la coordination des acteurs du secours à victime.


Intervention de Georges SARRE devant le Conseil de Paris

Monsieur le Maire, chers collègues,

La Ville de Paris est inquiète face à la surchauffe du service de secours d'urgence de la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris. D'ores et déjà, la BSPP croule sous les appels, dont beaucoup sont soit abusifs, soit, en tous cas, inadaptés à ses missions fondamentales. Il en résulte fatalement une moindre disponibilité des pompiers pour les appels vraiment urgents, et pleinement en phase avec leur mission de secours urgent à victimes.

Alors, demain, après-demain, ou dans six mois, aurons-nous un exemple d'une personne qui décèdera d'un arrêt cardiaque en attendant les pompiers, des pompiers qui n'arriveront pas assez vite, parce qu’on les aura pris pour des serruriers gratuits ou des soigneurs de petits bobos ? Nous ne voulons pas connaître cette situation ! Il faut dire stop.

Dès lors, la Ville de Paris est totalement aux côtés de la BSPP pour faire cesser cette situation dommageable, comme je l'ai déjà dit au Général Prieur, au Commandant Cross et au Préfet de Police.

Un vœu de l’UMP vise à ce que le Préfet de Police nous explique par quelles dispositions les prestations dites "abusives", qui ne correspondent pas à la mission centrale des pompiers, seront facturées demain. J'en suis d'accord, mais dans le voeu de l'exécutif, je joins les actes à la parole en proposant que la Ville de Paris aide la BSPP à communiquer sur ce thème.

En outre, au-delà de cette démarche, il faut que les pouvoirs publics, et pas seulement les usagers, fassent preuve de responsabilité. Dans le vœu de l’exécutif, je propose donc des pistes pour trouver une réponse globale à la crise de l'appel à secours d'urgence. Cela passe par une réflexion et une initiative concrète en faveur de l'unification des appels (le 112). Car beaucoup d'appels aux pompiers devraient être dirigés vers le SAMU ou la médecine de ville. Cela passe aussi par une meilleure prise en compte de la situation des SDF, car on ne peut pas toujours compter sur les pompiers !

Je propose donc un voeu sur lequel j'espère que nous nous retrouverons tous, majorité et opposition, car nous devons être, tous ensemble, aux côtés des Sapeurs Pompiers de Paris.


Mercredi 1 Octobre 2008


Au Conseil de Paris | Pour la sécurité des Parisiens


Pourquoi ce blog ?

La France est en péril... Son industrie, ses emplois, ses services publics, sa langue, l'égalité des chances et des conditions, et finalement toute idée d'intérêt général et tout lien social : voilà qui est mis à mal par l'oligarchie qui nous gouverne, à Paris, à Bruxelles, à Washington... et à Pékin.





Blog de Georges SARRE, ancien Ministre, Maire-adjoint de Paris chargé de la Sécurité et de la Prévention, Secrétaire National du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), Président du club Laïcité