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Georges SARRE
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À l’OTAN, il n’y a qu’un seul piloteA l'occasion du sommet de l'OTAN, Georges SARRE vous propose de partager son analyse sur le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN.
A vouloir poursuivre tous les lièvres à la fois, les États-Unis se sont embourbés au risque d’entraîner le monde dans leurs sables mouvants. À vouloir financer à la fois leur rêve impérial et le rêve américain, ils se sont surendettés et demandent maintenant au monde de payer leurs frasques. À vouloir contrôler en même temps l’Irak et l’Afghanistan, ils risquent de finir par partir de l’un et de l’autre pays comme ils sont déjà partis de Phnom-Penh et de Saigon. Certes, il ne servirait à rien de les accabler en cet instant. Mais, il est encore plus mal venu de liquider à ce moment-même l’héritage diplomatique du général de Gaulle.
En réalité, cet alignement, pour ne pas dire cette vassalité, était souhaité depuis longtemps par l’actuel Président de la République. En 2003, Nicolas Sarkozy, alors membre du gouvernement, ne put exprimer ouvertement son désir de voir l’armée française servir de supplétif en Irak. Mais ses amis s’en chargèrent. Les deux hérauts tapageurs de cette soumission ont eu, depuis 2007, des promotions significatives. Axel Poniatowski est devenu président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Pierre Lellouche représentant spécial de la France pour l'Afghanistan et le Pakistan. Parmi les partisans de cette guerre, Bernard Kouchner a été choisi comme Ministre des Affaires Etrangères. Dans le monde incertain qui vient, la France doit être totalement libre de ses mouvements, surtout militaires. Nul ne sait quel peut être le comportement d’une hyper puissance déclinante aux abois. Revenir dans le commandement intégré de l’OTAN, plus qu’une faute, montre une incompréhension du nouvel environnement international. C’est au mieux un comportement d’un autre temps ; au pire, la manifestation d’un esprit d’abandon et de résignation. Dire qu’il vaut mieux être à l’intérieur qu’à l’extérieur pour pouvoir dire son avis, c’est oublier qu’il n’y a qu’un seul pilote dans l’avion. Et, il est à Washington. Tout au plus, nous pourrons servir les plateaux-repas et, parfois peut-être, en composer le menu. Quant à sauter en vol, encore faut-il avoir un parachute. En revanche, en étant à l’extérieur, on peut exiger le plan de vol et, surtout, accepter ou non de voler en formation. L’intérêt de la France est de parler non seulement aux États-Unis, mais aussi à la Russie. Comme toujours, contrebalancer l’Ouest par l’Est. Et, ne pas se lier les mains avec un système aux intentions provocatrices en Ukraine et en Géorgie. Quelles que soient les difficultés de la Russie, elle reste une grande puissance. La République française naissante l’avait compris avec les tsars, et Charles de Gaulle avec l’Union Soviétique. N’irritons pas l’Ours moscovite, et l’Europe tout entière finira par nous en être reconnaissante. Au contraire, nous avons besoin de ses immenses matières premières, comme il a toujours su depuis Pierre et Catherine qu’il avait besoin de nous. L’intérêt de la France n’est pas de s’enfermer dans un club frileux, où une multitude de pays riches ou qui se croient encore riches ne veulent pas payer pour leur défense. Ils espèrent tout d’un parapluie américain, sans vouloir voir qu’il devient de moins en moins imperméable. La France a une industrie de défense performante. Le gouvernement a enfin décidé de la soutenir et de la développer. Elle peut et elle doit participer à la relance nécessaire. Surtout, elle doit être le test pour savoir si nos partenaires veulent de cette Europe de la défense dont ils parlent, mais qu’ils conçoivent seulement comme l’arrière-cour des États-Unis. Tant qu’ils iront acheter leurs armes Outre-Atlantique, leurs discours sur l’Europe seront aussi vains que creux. Ayons la diplomatie du XXIe siècle, et non celle de la fin de la première moitié du XXe siècle. Revenir dans son commandement intégré pour le soixantième anniversaire de l’Alliance Atlantique, c’est pour le moins avoir soixante ans de retard. Sur cet enjeu capital, les Français doivent pouvoir s’exprimer par référendum. Georges SARRE Ancien Ministre, membre honoraire du Parlement Secrétaire National du MRC adjoint au Maire de Paris Lundi 6 Avril 2009
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